Renseignement : le flicage pour tous

Renseignement : le flicage pour tous

16/04/2015 – FRANCE (NOVOpress via Présent)
Le texte de loi sur le renseignement qui entend répondre aux tueries de janvier ne concerne en réalité que très partiellement la question terroriste. Et plus partiellement encore la menace islamiste
. C’est pourtant bien elle (et elle seule) qui devrait être ciblée.

Renseignement : le flicage pour tousLe texte est débattu en procédure accélérée devant un hémicycle quasiment vide.

Alors que la France est devenue le premier fournisseur de tueurs islamistes pour l’Etat islamique comme le soulignent les derniers rapports (avec le doublement du nombre de nos ressortissants enrôlé dans les filières djihadistes syriennes ou irakiennes) le gouvernement ne fait preuve d’aucune volonté politique particulière de cibler l’islamo-terrorisme sur notre sol. Par contre il met en avant les morts de Charlie pour étendre les champs d’action du renseignement jusqu’à la surveillance politique. Après « Je suis Charlie », « Je suis sur écoute ».

Le projet de loi se révèle au final beaucoup plus « dangereux pour nos libertés individuelles » selon les propres mots du juge anti-terroriste Marc Trévidic, que pour les islamistes.

« Je pense au mouvement identitaire »

La formulation du texte est si floue et à périmètre si large, qu’elle ouvre la porte à la surveillance d’opposants politiques, journalistes, avocats, magistrats, intellectuels considérés (à vue de socialistes) comme dangereux pour la nation, journaux « qui pensent mal », publications « antisémites et racistes » ( Hollande et Taubira ont répété après les attentats de janvier que c’était le fléau à combattre) identitaires, LMPT etc. Cette loi autorise les services de renseignement à faire des écoutes bien plus intrusives que précédemment. Si ce projet est adopté en l’état par le Parlement, les services pourront poser des micros dans un appartement ou un véhicule, installer des balises GPS ou écouter des communications téléphoniques, sans l’accord d’un juge.

Exception faite des deux députés Front national, le projet suscite l’approbation de tous les élus. Seule Marion Maréchal-Le Pen a pris la parole à l’Assemblée nationale pour dénoncer la mise en place d’une « surveillance de masse de la population française ». Elle s’est également inquiétée des propos de Bernard Cazeneuve sur la mouvance identitaire et des propos répétés du Premier ministre en France comme à l’étranger sur les dangers du Front national. Selon Manuel Valls, il est hors de question que la France « tombe entre les mains du Front national » car elle possède l’arme nucléaire…

Mardi, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve qui était auditionné par la commission des lois à propos du projet de loi sur le renseignement, a refusé d’exclure du champ du texte les mouvements sociaux : « Que les choses soient claires, il y a des mouvements qui, en raison des actions qu’ils déclenchent, peuvent se trouver à l’origine de violences portant atteinte aux principes fondamentaux de la République. » Avant de préciser : « Je pense au mouvement identitaire. » C’est le grand danger terroriste du moment en effet.

Caroline Parmentier


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