Entretien avec Sébastien Ausserre, responsable des jeunes de la Droite Populaire du Var

Entretien avec Sébastien Ausserre, responsable des jeunes de la Droite Populaire du Var

13/04/2015 – LA SEYNE-SUR-MER (NOVOpress) – Sébastien Ausserre est responsable départemental des jeunes de la Droite Populaire du Var, un des courants de l’UMP. Il a récemment reçu un courrier de l’UMP l’informant d’une procédure d’exclusion car il aurait enfreint la fameuse règle du “ni-ni” (ni FN, ni gauche), en appelant à voter pour les candidats du Front National face à la gauche lors des dernières élections départementales dans le canton de La Seyne 1 dans le Var.

Novopress : Sébastien Ausserre, vous avez reçu il y a quelques jours une lettre de menace d’exclusion de l’UMP. Pouvez-vous nous expliquer l’objet de cette lettre et la motivation de l’UMP à vous exclure, et avant cela, pouvez-vous nous résumer votre profil et parcours politique ?

Sébastien Ausserre : Bonjour, merci à vous de me donner la parole. J’ai 21 ans, je suis étudiant en droit, responsable départemental des Jeunes de la Droite Populaire pour le Var et adhérent UMP depuis 2010. J’ai également été Conseiller Académique et colistier de Philippe Vitel (responsable de ma suspension du parti) aux municipales de mars 2014 à La Seyne-sur-Mer.
La fédération UMP du Var m’a suspendu du parti pour non-respect de la ligne du « ni-ni » à La Seyne 1 et m’a invité à démissionner pour éviter une procédure d’exclusion, ce que j’ai refusé. Le second tour de l’élection départementale opposait le FN à l’Union de la gauche. Devant ce choix, j’ai donc appelé à voter contre cette gauche apatride, pour la candidature patriote de Virginie Sanchez et Damien Guttierez, candidats du binôme Front National.

N : Pourquoi avez-vous choisi le FN ?

Sébastien Ausserre : Parce que je suis de droite tout simplement. Je ne pouvais pas voter pour la candidature PS/PCF/NPA/MRC qui comprenait la plus extrême des gauches. La candidature de Damien Guttierez et Virginie Sanchez était beaucoup plus proche de mes idées et de mes valeurs. Et quand j’ai vu que, entre autres, Jean-Sébastien Vialatte (Député-Maire de Six Fours), Nathalie Bicais et Joseph Mulé (Conseillers Départementaux de la Seyne 2) et Hubert Falco (Sénateur-maire de Toulon) appelaient d’une même voix à un Front Républicain qui n’a de républicain que le nom, je n’ai pas hésité une seconde à prendre mes responsabilités.

N : Comment avez-vous choisi d’organiser votre défense ?

Sébastien Ausserre : Je n’ai pas à me défendre. Philippe Vitel, Député du Var et Secrétaire départemental de l’UMP, me reproche de ne pas avoir respecté la ligne du « ni-ni ». C’est vrai et je peux comprendre que je sois sanctionné pour ça. Mais à la condition expresse que les élus et militants ayant appelé à voter pour la gauche écopent de la même sanction que moi. Je m’oppose au « deux poids deux mesures » de la fédération UMP du Var qui valide elle-même l’argument « UMPS ».
C’est d’ailleurs assez cocasse de voir que subitement les dirigeants locaux souhaitent appliquer, même si ce n’est qu’à moitié, les directives du parti. Eux qui ont refusé de respecter l’article 38 des statuts pour ne pas demander l’avis des adhérents pour l’investiture UMP à La Seyne 1 afin de se coopter entre eux. C’est d’ailleurs la raison principale du rejet massif par les électeurs dès le premier tour du binôme UMP/UDI qui comprenait trois parachutés sur quatre candidats. (UMP/UDI : 26%, UG : 32%, FN 42%)

N : Si vous êtes effectivement exclu, allez-vous rejoindre le Front National par exemple ? Avez-vous déjà eu des contacts avec ses responsables locaux ?

Sébastien Ausserre : Je ne pense pas être exclu. Ils ne peuvent pas. Je n’ai rien fait de mal. J’ai fait un choix sincère et responsable au bénéfice de La Seyne-sur-Mer qui est une des villes les plus endettées de France avec une fiscalité confiscatoire. Soit on s’oppose à la gauche, soit on est avec elle. J’ai choisi mon camp, celui d’une opposition sans relâche. Toutefois, si je suis exclu, je ne sais pas encore ce que je ferai. Je pense que je prendrai du temps pour réfléchir à mon avenir politique. Ce que je peux vous dire c’est que je ne rejoindrai jamais l’UDI.
Bien sûr, je suis en contact avec des militants, des responsables et des élus locaux du FN qui m’ont témoigné leur soutien dans cette affaire. Et je les en remercie.

N : Que pensez-vous de la situation actuelle de l’UMP ?

Sébastien Ausserre : La situation de l’UMP est incompréhensible. Ses responsables sont atteints d’un véritable strabisme. Les militants et une majorité de Français nous attendent à la Droite de nos valeurs, que nous renouons avec notre identité, notre héritage gaulliste. Que nous soyons la Vraie Droite. Mais les barons de l’UMP, Nicolas Sarkozy compris font de l’UMP un parti centriste. Comme nous le prouve le nouveau nom de l’UMP, Les Républicains, qui n’est qu’une opération de communication sans fond politique ni débats d’idées. Aujourd’hui à l’UMP c’est la minorité centriste qui fait la pluie et le beau temps.

N : L’immigration, l’insécurité et la défense de notre identité sont les principales raisons mises en avant par les électeurs qui votent Front National, qu’elle est votre position ?

Sébastien Ausserre : Je me revendique clairement des positions du RPR de 1990. C’est à dire la fermeture des frontières en revenant sur Schengen afin d’avoir une immigration zéro, une justice qui dissuade les criminels, et protéger notre identité en refusant le communautarisme en sauvegardant notre mode de vie. Sans identité, il n’y a plus de France. Ce n’est pas tabou de parler d’identité nationale car c’est ce qui nous façonne. Je suis également favorable à la préférence nationale pour les aides sociales, le logement… Mais voilà le RPR a changé et est devenu l’UMP, s’éloignant toujours un peu plus des attentes des Français contrairement au FN.

N : Bientôt les élections régionales? Avez-vous l’intention de vous investir en région Provence-Alpes-Côte d’Azur ? Seriez-vous prêt à rejoindre les listes conduites par le FN – RBM ?

Sébastien Ausserre : Pour le moment ce n’est pas la première de mes préoccupations. Je veux qu’à l’UMP on reconnaisse à nouveau les valeurs de droite. C’est un peu David contre Goliath, je n’aurais peut-être pas gain de cause mais au moins je serai allé jusqu’au bout de ce combat. Apres il est vrai que je me sens relativement proche de la ligne défendue par Marion Marechal Le Pen au sein du FN.

Interview réalisée lundi 13 avril 2015, par Franck Guiot, pour Novopress