Le paradoxe de l’antiracisme

Le paradoxe de l’antiracisme

09/04/2015 – LYON (NOVOpress)
Le paradoxe de l’antiracisme, c’est de vouloir réserver des emplois pour la « diversité » (terme de la novlangue pour désigner les extra-européens) au nom de la lutte contre le racisme !

Le mercredi 1er avril, une dizaine d’entreprises de l’agglomération lyonnaise proposait à l’occasion du Forum pour l’emploi organisé par Jobs & Cité, une centaine d’emplois dans les secteurs de la grande distribution, de la banque, de la restauration, de l’énergie et de l’assurance santé. Le seul hic ? C’est que cette opération est « axée diversité et égalité des chances » et que l’organisateur de cet événement le « cabinet Nes et Cité » met en « relation directe le monde économique et des candidats à l’emploi issus de la diversité ». Et ce grâce à « un réseau d’entreprises », comme Cegid, Coca Cola, NJR, GL Event, Veolia, Gaz de France, « en besoin de recrutements et engagées au quotidien dans la lutte contre la discrimination à l’embauche »

De quelle diversité parlons-nous ?

Le texte de présentation du Nes et Cité est assez sibyllin, la diversité « constitue un potentiel d’hommes et de femmes en qui croire (…) la réalité de la population française avec laquelle il est bénéfique de composer, dans la vie de l’entreprise ou dans la sphère publique. » Ainsi leur « mission est faire valoir une capacité à travailler avec et dans la diversité pour construire la société de demain ». La présentation de Nes et Cité est maline, car en évoquant les mots d’ intégration, de diversité, de lutte contre les discriminations ou de quartiers martelés par les médias à longueur de journée, il n’y a pas besoin de parler frontalement de diversité ethnique, l’opinion publique et les entreprises le font d’elles mêmes et pensent immédiatement aux populations afro-maghrébines.

De plus, le président de Nes et Cité, Abdel Belmokadem, a bien défini le terme de diversité lors des élections de 2007 : « Abdel Belmokadem (39 ans), chef d’entreprise et adjoint chargé de la vie associative à Vaulx-en-Velin, assume pourtant : “Ce n’est pas une fausse question, la diversité. C’est même un vrai enjeu qui explique en partie que mon association m’ait demandé de me présenter.” (…) Par principe, nous refusions d’y aller en suppléant. A un moment, nous avons dit au PCF que s’il présentait un candidat communiste issu de la diversité, on se retirerait en le soutenant. » (Libération, 04/06/2007)

Vidéo : les entreprises vont recruter dans les quartiers :

A CV égal Mamadou passe avant Sébastien ?

Tous les postes ne semblent pas réservés à la diversité ethnique mais lorsqu’une entreprise souhaite embaucher de la « diversité » (1), les ressources humaines de ces groupes pensent à des candidats s’appelant Kader, Ali ou Cissé (2), habitants des « quartiers » et non pas Jean-Pierre, Stanislas ou Louis.

(1) « Au départ, nous venions pour trouver des candidats issus des minorités visibles, mais finalement toutes les minorités sont représentées », explique Armelle Faivre, responsable des relations humaines de Sanofi Pasteur. » (AFP, 21/05/2005)

(2) Un millier de personnes, la plupart issues de l’immigration ou des cités, ont rencontré des recruteurs au stade Gerland de Lyon lors d’un salon de l’emploi spécial “diversité”. » (AFP, 21/05/2005)

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