Déni de démocratie - Entretien avec Marine Le Pen (Présent 8325)

Déni de démocratie – Entretien avec Marine Le Pen (Présent 8325)

30/03/2015 – PARIS (NOVOpress)

— Marine Le Pen, ce résultat du second tour des départementales marque une belle progression malgré tout…

— C’est indéniable. Il s’agit d’un bouleversement politique, inévitablement. Je me souviens du plafond de verre dont on parlait quand j’avais raté les législatives à 100 voix à Hénin, quand nous avions manqué la municipalité en arrivant à plus de 48 %. On nous disait : « plafond de verre, plafond de verre ». Aux élections suivantes, nous gagnons au premier tour. Donc voilà : je pense que le plafond de verre n’existe plus, s’il a vraiment existé un jour. Il y a une vraie installation.

Déni de démocratie - Entretien avec Marine Le Pen (Présent 8325)Nous n’avons aucun département, mais nous ne l’avons jamais réellement espéré. La marche était trop haute. Pour rappel, nous n’avions qu’un seul conseiller général sortant sur 4 000. La progression est donc formidable. J’ai lu un article dont le titre révélait une image très juste. Il disait : « Ce n’est pas un raz-de-marée, c’est une inondation. » Je crois véritablement que c’est une inondation, c’est-à-dire que partout le FN monte, partout il fait des scores spectaculaires. Je ne connais pas beaucoup d’observateurs qui, il y a trois ans, auraient parié sur un résultat tel que celui-là.

— N’est-ce pas un paradoxe d’avoir 40 % des voix mais aucun département ?

Oui effectivement, c’est le paradoxe de la démocratie à la française qui, je crois, exaspère de plus en plus de nos compatriotes. Parce que faire un tel score et ne pas avoir le nombre d’élus correspondant – il en est de même au Sénat, mais aussi à l’Assemblée nationale –, ça ne pourra pas durer bien longtemps. C’est un système qui a été conçu pour préserver des gens dont les Français contestent la politique. Encore une fois, nous ne sommes pas dans une véritable démocratie. La preuve, ce soir, c’est une évidence. Mais nous sommes bel et bien le premier parti de France, comme le premier tour l’a prouvé. Ce sera réparé bientôt. Ce sont des effets de seuil.

Comptez-vous sur des minorités de blocage dans des départements et former des unions des droites au niveau local ?

— Je ne peux pas vous répondre ce soir, il faudrait que j’aie les résultats de tous les cantons dans les départements en question. Il est probable qu’il y a un certain nombre de départements dans lesquels le FN est susceptible de faire la bascule. Donc nous, nous allons faire de la politique. Nous respectons nos électeurs, nous savons ce qu’ils veulent, et par conséquent nous ferons une charte. Ceux qui nous demanderont nos voix pour pouvoir diriger le département devront s’engager sur un certain nombre de points qui sont essentiels dans notre esprit, et évidemment dans celui de nos électeurs. Donc, soit ils signent et nous leur apporterons ce soutien ponctuel, tout en gardant bien sûr notre capacité de rejeter les projets ou les rapports qui nous paraîtraient tout à fait négatifs ; soit ils ne le font pas, et ils prendront alors le risque de laisser le département au camp adverse.

Le maillage s’installe, notamment en vue des régionales ?

— Oui bien sûr. Mais d’ailleurs, pour les régionales la situation est très intéressante car le mode de scrutin est différent (NDLR : proportionnel). Donc ce qu’ils ont fait dans ces départementales (NDLR : l’UMPS), et notamment dans les départements où nous avions une petite chance de gagner, pourront-ils le faire aux régionales ? Car il y aura deux possibilités, lorsque nous arriverons en tête. Soit ils fusionnent au second tour, UMP et PS, liste commune donc, ce qui serait je pense mortel dans l’esprit des Français pour la présidentielle. Soit l’un se retire au bénéfice de l’autre, et c’est la disparition totale d’une étiquette politique dans ce qui constitue aujourd’hui de gigantesques régions. Je pense donc qu’ils sont en train de se préparer des jours compliqués, avec les choix auxquels ils seront confrontés à l’avenir.

— Serez-vous candidate aux régionales ?

— Je n’ai pas encore pris ma décision. Elle ne dépend pas des résultats, car je suis convaincue que, dans la région Nord-Pas de Calais et Picardie qui est la mienne maintenant, nous allons gagner. La question se pose surtout à cause du choc entre deux calendriers. Le calendrier, précisément, de la gestion d’une grande région fusionnée, et le calendrier d’une campagne présidentielle qui m’apparaît, comme à beaucoup de Français, comme essentielle.

Propos recueillis par Louis Lorphelin et Caroline Parmentier


En partenariat avec le quotidien Présent – Chaque jour, retrouvez sur Novopress la Une du quotidien Présent ainsi qu’un article sélectionné par la rédaction et mis gratuitement à votre disposition. Seul quotidien de réinformation, Présent est unique dans le paysage médiatique français. Contribuez à abattre le mur de la bien-pensance et du médiatiquement correct, lisez et faites lire Présent ! Abonnez-vous !