Sarkozy ne songe toujours et encore qu’à 2017

Sarkozy ne songe toujours et encore qu’à 2017 (Présent 8322)

26/03/2015 – PARIS (NOVOpress)
Dimanche soir, on nous présentait l’UMP et l’UDI comme un bloc compact en mêlant les suffrages que l’une et l’autre avaient recueillis, pour donner l’impression que le Front national était loin derrière. Or, voilà que 24 heures plus tard cette fiction disparaît : pour le second tour, Sarkozy et Lagarde [président de l’UDI] prennent un chemin différent. Le premier sacrifie au ni-ni, le second fait voter socialiste. Qu’en pense le président de l’UMP ? Que c’est très bien comme ça, que lui, certes, a raison mais que son homologue Lagarde n’a pas tort : « Nos amis de l’UDI ont une position, je la respecte », dit-il. L’électeur libéral qui votera pour le PS ne saurait être par lui condamné. Pas plus que les membres de l’UMP qui pensent comme Lagarde et succombent au front républicain, malgré sa consigne officielle. Pas question non plus d’exclure les candidats de sa formation qui, ça et là, ne se maintiennent pas face à la gauche pour « faire barrage » – comme dit Valls – au Front national.

Sarkozy ne songe toujours et encore qu’à 2017Ce Sarkozy œcuménique, c’est évidemment un rôle de composition. Tout ce qu’il fait aujourd’hui, c’est dans la perspective de demain, c’est-à-dire de son unique préoccupation, la présidentielle. Le reste, il s’en moque comme de sa première promesse non tenue.

Dans sa marche vers 2017, à défaut de pouvoir revenir « par le haut », il revient par le bas, au ras de la politique politicienne. D’abord, mettre de l’ordre dans la maison UMP dévastée par la bataille de chiffonniers entre Copé et Fillon. Ensuite, jouer le rassembleur, fût-ce en s’entourant à la vice-présidence de NKM et Wauquiez qui s’entendent comme chien et chat. Enfin, nous y sommes, obtenir le soutien des centristes de l’UDI feignant d’ignorer qu’ils font la courte échelle aux socialistes. Ce qu’il refuse à Bayrou, il l’accorde à Lagarde, quoique les deux frères-ennemis du centrisme aient un égal tropisme vers la gauche. Le but, c’est de couper dès maintenant l’herbe sous le pied de son principal rival, Alain Juppé, qui, lui aussi, compte sur le centre pour faire la différence lors de la primaire puis de la présidentielle.

D’où l’ardeur de Sarkozy à s’en prendre à Marine Le Pen et au Front national, il va plus loin, plus fort contre la droite nationale qu’il veut « attaquer brutalement », il pense qu’en surenchérissant sur le maire de Bordeaux dans l’hostilité au FN, il refera son « retard » sur lui ! Or, ce qu’on entend, c’est que Sarkozy hurle et frappe comme Valls.

Pour l’instant, il ne s’occupe pas des électeurs du Front national, si ce n’est pour les dénoncer comme de la graine de fachos ou des imbéciles abusés par des irresponsables. Les accommoder à sa sauce, il le fera. Quand il en aura besoin, il deviendra aimable. C’est ce qu’il a fait, en 2012, entre les deux tours de la présidentielle où il a déclaré Marine Le Pen « compatible avec la République », un brevet de républicanisme qu’il lui refuse aujourd’hui, ce dont, d’ailleurs, elle se passe volontiers…

Bien entendu, dans son aveuglement et son narcissisme, Sarkozy croit que tout va se dérouler comme prévu sur le papier millimétré de ses grandes ambitions. Il ne se rend pas compte que tout « chef » qu’il veut être, il n’est déjà plus obéi par ses troupes : les électeurs qui, à 53 % selon le dernier sondage, n’entendent pas obéir au « ni-ni », mais aussi ses candidats qui, dans leurs cantons, agissent comme eux-mêmes le décident, et jusqu’au sommet où les Juppé, NKM, Raffarin, Larcher, Le Maire, murmurent, en l’écoutant, cause toujours mon petit bonhomme…

Guy Rouvrais

Crédit photo : World Economic Forum, via Flickr, (cc).


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