Onfray

Vivons-nous la fin de notre civilisation ? – Un dialogue entre Michel Onfray et François-Xavier Bellamy

25/03/2015 – PARIS (NOVOpress)
À l’occasion de la sortie de son dernier livre, Cosmos, Le Figaro a proposé à Michel Onfray de débattre avec François-Xavier Bellamy, le maire adjoint de Versailles (sans étiquette). Celui-ci est également ancien élève de l’École normale supérieure et agrégé de philosophie.

Les deux philosophes débattent sur l’impression qui hante notre imaginaire : celle de l’effacement de la France et, plus largement, de notre civilisation.

En voici un extrait :

Faut-il être conservateur?

Michel Onfray – Ni conservateur ni réactionnaire. Contrairement à Alain Finkielkraut ou Éric Zemmour, je ne crois pas que nous puissions restaurer l’école d’hier ni même que ce soit souhaitable. Si je partage leur pessimisme concernant la destruction de la civilisation occidentale par le néolibéralisme qui dicte sa loi, je me distingue d’eux sur les solutions. On ne peut revenir en arrière, sauf à entrer dans une logique de dictature où l’on demanderait à un nouveau César de se couper totalement de l’Europe et du monde en restaurant les frontières. Cela ne me paraît ni possible ni souhaitable. La vérité cruelle est que notre civilisation s’effondre. Elle a duré 1 500 ans. C’est déjà beaucoup. Face à cela, je me trouve dans une perspective spinoziste: ni rire ni pleurer, mais comprendre. On ne peut pas arrêter la chute d’une falaise.

François-Xavier Bellamy – Je partage avec vous l’impression de voir une civilisation s’effondrer, et le sentiment que personne n’en a encore vraiment pris la mesure; mais la sagesse ne peut pas être qu’un consentement résigné à ce qui advient! Nous pouvons encore décider, dans nos vies personnelles comme dans nos choix collectifs, de recevoir et de transmettre ce qui dans notre culture demeure fécond, et plus actuel que les faux progrès qu’on nous vend. Malheureusement, de ce point de vue, le débat politique et intellectuel oppose plutôt des liquidateurs de faillite que des décideurs capables de tracer des perspectives.