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Brésil : le peuple rassemblé en manifestations contre la gauche au pouvoir

17/03/2015 – PARIS (NOVOpress)
Comme nous l’avions signifié dans notre édition du 11 mars 2015, les Brésiliens sont en colère contre l’énorme scandale de corruption qui a secoué la classe politico-financière de leur pays.

Le centre gauche (PT) au pouvoir s’est vu disqualifié par un déferlement de manifestants rassemblés sous les couleurs nationales. L’explosion semble possible.

Ils étaient un million à avoir transformé, dimanche 15 mars 2015, la large artère de Sao Paulo, l’avenue Paulista, en un fleuve jaune et vert, les couleurs du maillot de l’équipe de football du Brésil, uniforme de rassemblement national quasi unanimement porté ce jour-là au cœur de la capitale économique du pays. Un flux toujours grossissant d’hommes et de femmes allant tous dans la même direction pour manifester bruyamment contre la présidente Dilma Rousseff, à la tête d’une coalition de centre gauche empêtrée dans la crise économique et le scandale de corruption Petrobras.

Ils étaient encore 45 000 à Brasilia, 80 000 à Curitiba, 100 000 à Porto Alegre, 30 000 à Belo Horizonte. Tous, plus ou moins, portant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire pêle-mêle « Dilma dehors ! », « A bas la corruption ! » ou « Le Brésil n’est pas une dictature bolivarienne ».

A Recife, la marche a rassemblé sur un même pavé des électeurs déçus du Parti des travailleurs (PT, gauche), la formation de la présidente et de son prédécesseur, Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2011), et des mouvements nationalistes. A Rio de Janeiro, entonnant l’hymne brésilien, plusieurs manifestants défilant sur le front de mer de Copacabana n’ont pas hésité à réclamer une intervention militaire, le jour même où le pays commémorait le trentième anniversaire du retour de la démocratie après la fin de la dictature (1964-1985).

Au total, 1,5 million de Brésiliens sont descendus dans les rues de 80 villes, selon le décompte de la police militaire. Une marée humaine convoquée sur les réseaux sociaux et qui a mobilisé sans étiquette officielle les franges les plus larges de l’opposition. Loin, très loin devant les manifestations organisées vendredi 13 mars à l’appel de syndicats et d’organisations proches du PT pour défendre la présidente et Petrobras – 175 000 personnes, d’après les organisateurs eux-mêmes.

« Nous sommes face à un malaise profond qui survient au moment où coïncident deux crises, l’une politique et l’autre économique », explique Jorge Almeida, professeur de sciences politiques à l’Université fédérale de Bahia. La popularité de Dilma Rousseff a chuté de 19 points en février, à seulement 23 %, alors que les nuages s’accumulent sur tous les fronts. Le pays est au bord de la récession. L’inflation est proche des 8 %, les déficits publics se sont creusés et le real dévisse face au dollar. Revenant sur ses engagements électoraux, la présidente s’est aliénée une partie de son propre électorat en imposant une cure d’austérité aux finances publiques.

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