Semaine noire pour la liberté d’expression en France

Semaine noire pour la liberté d’expression en France

01/03/2015 – FRANCE (NOVOpress via Kiosque courtois)
Dimanche, l’Union nationale des étudiants juifs tenait des assises sur « la lutte contre la haine sur Internet ». « La haine sur Internet » est un terme de novlangue pour désigner les propos politiquement incorrects : la critique de l’immigration ou de l’Etat d’Israël est considérée comme telle. Devant un public clairsemé, mais beaucoup de journalistes, l’UEJF a milité en faveur d’une censure privée. C’est-à-dire du retrait automatique des contenus litigieux par les fournisseurs d’accès Internet. Un représentant de Facebook en France était présent. Christiane Taubira a conclu la manifestation en promettant en plus un renforcement de la loi.

Pendant ce temps-là Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, était aux Etats‑Unis
Oui. Pour rencontrer les géants de l’Internet, Google, Facebook, Microsoft et tenter de les convaincre de contrôler les contenus. Officiellement, c’est pour lutter contre le terrorisme.

Et lundi 23 février, Hollande a présidé le dîner du CRIF
Le dîner le plus cher et le plus chic de l’année. Le plus cher  : 900 € le couvert. Le plus chic aussi : les principaux dirigeants politiques (Front National exclu), les grands journalistes, les forces économiques, les plus hauts magistrats, les grands dirigeants de la police étaient tous là.

Hollande a annoncé l’aggravation de la répression des délits d’opinion
Oui, Hollande veut sortir de la loi de 1881 sur la presse les délits « D’antisémitisme, de racisme, d’homophobie ». C’est‑à‑dire le plus souvent la simple expression d’une opinion dissidente. Bref, Hollande veut enfermer ceux qui pensent mal dans la cage aux phobes !

Quelles seraient les conséquences d’une telle décision ?
La perte des garanties procédurales qu’accorde la loi de 1881. Des garanties qui protègent les libertés notamment en limitant les pouvoirs de perquisition et en en rendant impossible la prison préventive. Le dîner du CRIF ne coûte pas cher qu’à ses invités, il coûte cher aussi à la liberté.

Vincent Reynouard condamné à 2 ans fermes pour des vidéos
Par ailleurs le 11 février a eu lieu la condamnation à deux ans de prison ferme du révisionniste Vincent Reynouard. Vincent Reynouard avait publié des vidéos contestant les jugements du tribunal pénal international de Nuremberg. Un tribunal correctionnel – celui de Coutances – l’a donc déclaré coupable pour avoir contrevenu à la loi Gayssot. Une décision d’importance – deux ans de prison ferme – pour un délit d’opinion ; condamnation qui a été très peu annoncé dans les médias.

Précisons toutefois qu’en application de la loi sur la presse la peine de Reynouard ne sera exécutoire que si elle est confirmée en appel et en cassation. Il est tout de même inquiétant de constater qu’en France on risque la prison pour de simples conférences filmées. Seuls les révisionnistes sont aujourd’hui concernés mais si la machine à réprimer s’emballe d’autres mal pensants pourraient être touchés…