Ils se préparaient au djihad armé, enfin le procès des cavaliers d’Allah - Et interview de Fabrice Robert

Forsane Alizza : Ils se préparaient au djihad armé, enfin le procès des cavaliers d’Allah – Et interview de Fabrice Robert

Ci-dessus copie d’écran d’une vidéo de Forsane Alizza lors d’une de leurs manifestations à Paris. DR.

28/02/2015 – (via l’hebdomadaire Minute)

L’interview de Fabrice Robert, président du Bloc Identitaire, qui faisait partie des cibles de ce groupe islamiste est à découvrir sous cet article.


En mars 2012, à la suite de l’affaire Merah, le groupe islamiste Forsane Alizza (« Les cavaliers de la fierté ») avait fait l’objet d’un vaste coup de filet et certains de ses membres avaient été placés en détention. Le parquet de Paris vient de demander le renvoi en procès de quinze d’entre eux pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et acquisition d’armes.

Le 1er mars 2012, le gouvernement avait pris un décret de dissolution de Forsane Alizza, présentant les caractéristiques d’un groupe armé privé et affichant clairement sa volonté de remplacer la République par un califat. Le décret précisait notamment:« Le groupement de fait “Forsane Alizza“, en appelant à l’instauration du califat et à l’application de la charia en France, remet en cause le régime démocratique et les principes fondamentaux de la République française que sont la laïcité et le respect de la liberté individuelle; […] en incitant les musulmans à s’unir en vue de participer à une guerre civile présentée comme très probable et en préparant ses membres au combat et à la lutte armée, ce groupement a pour but d’attenter par la force à la forme républicaine du gouvernement. »

Un mois plus tard, alors que le mois de mars venait d’être marqué par les attaques commises par Mohamed Merah, dix-neuf membres du groupe étaient arrêtés, parmi lesquels « l’émir » de Forzane Alizza, Mohammed Achamlane. Emprisonnés depuis lors, quinze d’entre eux seront donc jugés pour leurs projets terroristes.

« Si Allah veut, nous serons de véritables moudjahiddines »

Alors qu’Achamlane a toujours nié tout projet terroriste, le parquet lui reproche clairement, dans les réquisitions de renvoi, la création, l’organisation, l’animation d’un groupe « structuré » dont l’objectif était le « djihad armé ». Plus loquace dans ses interventions sur internet que devant les juges, Mohammed Achamlane, qui voulait se poser en vengeur des musulmans opprimés, avait notamment déclaré dans un enregistrement: « La violence dont les musulmans font l’objet chaque jour va se transformer en bain de sang si cela continue sur cette voie […]. Si Allah veut, nous serons de véritables moudjahiddines. »

Beaucoup se moquaient de ce groupuscule folklorique et des outrances permanentes de son leader, et pourtant… Un ancien membre de Forsane Alizza a déclaré lors de l’enquête: « Toutes nos activités devaient nous permettre de nous préparer. Il y avait des armes. Et, oui, certains se préparaient précisément à les maîtriser. »

Au domicile de l’émir comme lors des perquisitions effectuées chez d’autres suspects, de nombreuses armes ont été saisies, et des plans. Si les projets en étaient encore « au stade intellectuel », comme le précisent les magistrats, le leader de Forsane Alizza avait notamment envisagé l’enlèvement du magistrat lyonnais Albert Lévy, ou encore l’élimination de l’identitaire Fabrice Robert (voir notre entretien ci-dessous). Des recherches avaient aussi été effectuées sur l’animateur du site internet fdesouche.com, jugé lui aussi « islamophobe ». Moins grotesques que ce qu’ils laissaient paraître donc les islamistes de Forsane Alizza ? Assurément.

Oumar Diaby, un Franco-Sénégalais ayant habité pendant des années à Nice, est l’un des principaux recruteurs pour le djihad en Syrie, côté Al-Qaida. Dans un entretien au « Nouvel Obs » en mars2014, il n’avait pas nié sa proximité passée avec Forsane Alizza tout en affirmant ne pas avoir été membre du groupe:« Je connaissais ces frères effectivement. Mais je ne faisais pas partie de leur organisation. »

Combien de Diaby, et surtout de Kouachi, potentiels parmi les membres de Forsane Alizza? C’est devant un tribunal que nous pourrons aller chercher des réponses dans les mois qui viennent.

Lionel Humbert


Fabrice Robert faisait partie des cibles – Interview

Fabrice Robert, président du Bloc identitaire, mouvement qui s’est notamment fait connaître par l’organisation du fameux « apéro saucisson-pinard », serait plutôt « Charlie Martel » que Charlie. C’est au nom de son combat résolu contre l’islamisation de la France et de l’Europe que le leader de Forzane Alizza l’avait désigné comme l’une des cibles à abattre.

— « Minute » : Comment avez-vous appris que vous étiez l’une des cibles de Forzane Alizza ?

Ils se préparaient au djihad armé, enfin le procès des cavaliers d’Allah - Et interview de Fabrice RobertFabrice Robert (photo ci-contre) : C’est un appel de la DCRI qui m’apprit que mon nom figurait sur la liste de Forsane Alizza, en tant que président du Bloc identitaire ! Les menaces m’ont ensuite été confirmées lors du rendez-vous avec le juge et je me suis donc constitué partie civile dans cette affaire.
Mohammed Achamlane avait appelé à plusieurs reprises à combattre les identitaires et avait même organisé avec son groupe une contre-manifestation devant la salle accueillant les Assises sur l’Islamisation dont nous étions les coorganisateurs en décembre 2010. Mais à l’époque les discours grandiloquents et les mises en scène de Forsane Alizza nous avaient sans doute empêché de prendre pleinement conscience du danger que représentait cette organisation.

— Aviez-vous déjà envisagé d’être ainsi menacé ?

Soyons clairs : jamais je n’ai imaginé que la tâche serait facile, jamais je n’ai imaginé que le chemin de la Reconquête serait uniquement parsemé de quelques sites internet ou de mandats électoraux…

Pour autant, il est évident que la situation se tend considérablement. Aujourd’hui, quand les identitaires dénoncent les prières de rue, font condamner des municipalités pour leurs subventions déguisées au culte musulman, ou encore montent sur le toit de la mosquée de Poitiers, ils s’exposent clairement à certains risques, et pas seulement d’ordre judiciaire.

Oui, une menace pèse sur ceux qui combattent l’islamisation.

— Faites-vous l’objet d’une protection policière ou avez-vous renforcé vos mesures de sécurité à la suite des récents événements ?

Vous comprendrez que justement, pour des raisons de sécurité, je ne préfère pas répondre à cette question…

Lionel Humbert