Quatre parlementaires en Syrie : gugusses ou pionniers ? (Présent 8304)

Quatre parlementaires en Syrie : gugusses ou pionniers ? (Présent 8304)

27/02/2015 – PARIS (NOVOpress)
Traités de « gugusses » par Nicolas Sarkosy et accusés de « faute morale », les sénateurs Jean-Pierre Vial (UMP) et François Zocchetto (centriste) et les députés Jacques Myard (UMP) et Gérard Bapt (PS) se voient attaqués de toutes parts pour leur rencontre avec « un dictateur qui est à l’origine d’une des plus graves guerres civiles de ces dernières années, qui a fait 200 000 morts ».

Quatre parlementaires en Syrie : gugusses ou pionniers ? (Présent 8304)Outre que l’origine de ce conflit peut être discutée tant, dans l’ivresse des prétendus « printemps arabes », la situation fut envenimée par les menées, les erreurs de jugement et les mauvais choix des grandes puissances, le « boucher » Bachar al-Assad n’est pas le seul responsable de cette hécatombe. Et nul ne peut lui imputer maintes tragédies comme le tout récent enlèvement d’une centaine de chrétiens assyriens par les commandos de l’Etat islamique.

De plus, Staffan de Mistura, envoyé spécial de l’ONU en Syrie, venait de déclarer que « Bachar El-Assad fait partie de la solution » de la crise. Or, le gouvernement français s’est privé de toute action d’influence comme de toute source d’informations depuis qu’il a théâtralement fermé notre ambassade en Syrie. Les parlementaires, tous membres des commissions des Affaires étrangères, étaient donc dans leur rôle en tentant de combler ce vide, alors qu’une collaboration avec Damas serait très nécessaire dans la lutte contre les filières djihadistes.

Assez sagement, l’ancien Premier ministre François Fillon a donc estimé : « Ils ont eu raison d’y aller, il faut écouter toutes les parties… Si j’avais l’occasion d’aller en Syrie, j’irais sûrement. » Cependant que, sur France Inter, le vice-président du FN Florian Philippot évoquait le 26 février « une initiative saine, intelligente », ajoutant : « J’aurais aimé que la diplomatie française officielle – si tant est qu’elle ne soit pas mêlée à cette affaire – ait pris cette initiative. »

Cette opinion est aussi celle de Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie et directeur du Groupe de Recherches et d’Etudes sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO) pour lequel « François Hollande est un peu hypocrite car Gérard Bapt l’avait averti de cette initiative ». Et l’universitaire de préciser : « Laurent Fabius lui-même a déclaré que l’opposition modérée était incapable de prendre le pouvoir seule, et qu’il fallait qu’elle négocie avec le régime syrien. Or on ne voit pas comment le gouvernement syrien pourrait négocier avec une opposition qui est déliquescente, divisée et décrédibilisée, en excluant celui qui est la clé de voûte du système, à savoir Bachar El-Assad ! » Dont la disparition ou l’éviction violente provoquerait « une situation chaotique comparable à celle de la Libye actuellement ».

Il y a actuellement en Syrie deux millions de réfugiés irakiens et cinq millions de réfugiés de l’intérieur chassés de leurs foyers par les islamistes. Souhaite-t-on vraiment voir ces sept millions de déracinés déferler sur nos côtes comme le font les migrants venus de Libye ?

Camille Galic


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