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L’enseignant démis pour avoir contesté le voile islamique à l’université s’exprime

13/02/2015 – FRANCE (NOVOpress via Le Figaro)
Me Jean-Claude Radier, qui a refusé de faire cours à une étudiante voilée à l’université, a décidé d’expliquer sa position dans une interview intéressante accordée au Figaro.

Était-ce la première fois que vous vous retrouviez face à une étudiante voilée en cours?

Oui, j’ai vu la situation évoluer avec le temps. J’ai commencé mes études à Villetaneuse en 1982. Étudiant, j’ai été très heureux dans cette université de la diversité. En tant qu’enseignant, ensuite, je me réjouissais également d’avoir des étudiants de partout, c’était enrichissant. On était à l’opposé du communautarisme, les origines n’étaient pas affichées, on demandait à l’élève d’où il venait et il nous disait ce qu’il voulait bien partager. Jusqu’en 2007, j’y suis allé toutes les semaines pour donner un TD, puis seulement quelques semaines chaque année. Quand je donnais mes TD, des voiles, il n’y en avait pas. Ça s’est mis à «champignonner» ensuite. Depuis que je ne viens plus qu’une fois par an, je vois le phénomène grandir de façon brutale, je suis frappé. Je le ressens différemment de ceux qui le vivent au quotidien. Par ailleurs, l’apparition de la kippa, dans les années 1980, m’a autant dérangé, autant choqué.

Le voile n’est pourtant pas interdit à l’université, ce que vous ne devez pas ignorer en tant qu’avocat?

J’étais en contradiction avec la loi, certes, mais je le revendique et assume la transgression. La loi est toujours la résultante d’un conflit d’intérêts tranché par intérêt politique, ceux dont les intérêts ne sont pas représentés peuvent toujours exprimer leur point de vue pour faire bouger les choses. J’ai voulu inviter les gens à la réflexion, interpeller et savoir ce que les enfants d’aujourd’hui en pensent. Les réponses sont diverses, mais le sentiment général c’est, je crois, qu’on est perdu.

Quelle a été la réaction de l’établissement?

Seul le doyen m’a interpellé. Comme je ne voulais pas plier, je ne pouvais plus continuer à enseigner là-bas, mais je le savais, je voulais aller au bout de mes idées et je pouvais me le permettre car cela ne mettait pas en péril mon activité principale