Retour sur l’« affaire Redeker » – par Vincent Revel

Retour sur l’« affaire Redeker » – par Vincent Revel

11/02/2015 – PARIS (NOVOpress)
Aujourd’hui, nous avons l’impression de découvrir que l’islam politique pose problème tout en continuant de nier l’évidence. Malgré la triste réalité à laquelle nous sommes confrontés, notre hypocrisie est tenace.

Pourtant, souvenez-vous, le 19 septembre 2006, Robert Redeker, professeur agrégé de philosophie au lycée Pierre-Paul Riquet de Saint-Orens-de-Gameville près de Toulouse, publiait dans le Figaro « une tribune libre musclée et intitulée » : « Contre les intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? » Malheureusement pour lui, comme certains lui firent comprendre, il ne s’attaqua pas à la « bonne religion. » Rapidement, il fut rejeté par les autres professeurs et il nous expliqua dans son ouvrage Il faut tenter de vivre que « pour être bien vu ici (au sein de l’Education nationale) il faut être athée agressif, mais exclusivement contre le catholicisme. » Ces collègues enseignants lui reprochèrent avec dureté « un délit d’opinion. »

Face un tel déferlement de violence verbale, tout homme sensé aurait pu se demander quel fut son crime pour mériter autant d’attention ? Qu’avait-il pu bien faire pour se retrouver isoler à ce point, abandonné par ses collègues et sa hiérarchie, mis au ban de la société ? Son crime fut d’oser tout simplement mettre par écrit son point de vue concernant l’islam et son prophète ! Naïvement, il avait dû penser qu’au pays de Voltaire il était encore possible de s’exprimer librement sur tout.

Recevant des menaces puis une condamnation à mort lancée sur « un site islamiste crypté », Redeker dut, avec sa famille, vivre sous protection policière dans des lieux tenus secrets. De nombreux courriels lui furent adressés dans lesquels il put découvrir la haine qu’il décrivait à juste titre peu de jour auparavant dans son article. « Sale porc, fils de pute, parasite, caniche, sale juif » sont les mots aimables annonçant sa fin prochaine.

Face un tel déferlement de violence verbale, tout homme sensé aurait pu se demander quel fut son crime pour mériter autant d’attention ? Qu’avait-il pu bien faire pour se retrouver isoler à ce point, abandonné par ses collègues et sa hiérarchie, mis au ban de la société ? Son crime fut d’oser tout simplement mettre par écrit son point de vue concernant l’islam et son prophète ! Naïvement, il avait dû penser qu’au pays de Voltaire il était encore possible de s’exprimer librement sur tout.

A présent, nous savons tous que par la faute et la volonté de nos dirigeants, attachés aveuglément à l’utopie du bien vivre ensemble, que cette liberté fondamentale est fortement remise en cause.

Qu’advint-il en 2006 ? Fut-il soutenu par sa hiérarchie ? Bien sûr que non ! Le ministre de l’Education nationale de l’époque, Gilles de Robien, plus préoccupé par son image médiatique que par la liberté d’expression, plus indigné par l’article de Redeker que par les menaces que ce dernier dut supporter, déclara qu’un « fonctionnaire doit se montrer prudent et modéré en toutes circonstances. »

Sauf que Robien oublia de préciser que Redeker s’était exprimé en dehors du monde scolaire et non pas en tant que professeur d’école mais uniquement en tant que philosophe et citoyen français. C’est dire à quel point l’islam réussit à annihiler tout esprit de résistance.

Par ailleurs, dès qu’une poignée d’élèves ou de parents musulmans désirent des aménagements de cours et le report d’examens prévus pendant le ramadan, aussitôt le monde scolaire s’exécute sans broncher.

Avec un peu de recul, nous ne pouvons qu’être effarés des réactions provoquées par les derniers événements (agression à l’arme blanche de trois militaires français à Nice). Notre déni de la réalité, ne pourra pas nous empêcher de nous prendre d’autres claques en plein visage. C’est écrit d’avance.

A l’image de notre société, l’Ecole ne sait plus dire non face aux revendications qui émanent des groupes de pression cherchant à faire de la France une société plurielle ou certains sujets tels que l’islam et l’immigration sont censurés et ce ne sont pas les dernières mesures improvisées dans l’urgence par le gouvernement Valls qui changeront quelque chose à cette profonde fracture identitaire.

Avec un peu de recul, nous ne pouvons qu’être effarés des réactions provoquées par les derniers événements (agression à l’arme blanche de trois militaires français à Nice). Notre déni de la réalité, ne pourra pas nous empêcher de nous prendre d’autres claques en plein visage. C’est écrit d’avance.

Vincent Revel