Le 11 janvier, panacée présidentielle

Le 11 janvier, panacée présidentielle (Présent 8289)

06/02/2015 – PARIS (NOVOpress)
Nous voilà prévenus ! Le chef de l’Etat n’a pas dissimulé, lors de sa conférence de presse, que le reste de son quinquennat s’accomplira dans l’invocation continue de « l’esprit du 11 janvier » : « Pendant deux ans et demi, tous les jours qui me séparent de la fin de mandat je ne cesserai d’agir dans l’esprit de l’unité de la République. » Un président plongé dans un abîme d’impopularité n’abandonne pas un tel filon, qui vous fait glaner quelques points de hausse, même s’il est né dans le sang et les larmes. «Je veux qu’on tire de cette terrible épreuve un avantage» a-t-il dit. Pour lui, c’est déjà fait…

Le 11 janvier, panacée présidentielleL’esprit du 11 janvier suffira donc à tout. C’est la panacée. Pour Hollande lui-même qui, assure-t-il, s’en est trouvé « changé ». Bientôt, en récitant le mantra du 11 janvier, il guérira les écrouelles. Il a déjà accompli un miracle : il a fait disparaître le chômage, il a escamoté plus de trois millions de chômeurs dont il n’a dit mot, quoiqu’ils soient sa priorité des priorités.

Chaque Français est impérativement incité à être fidèle à cet esprit-là, sous peine de piétiner les valeurs de la République et de bafouer l’unité nationale. C’est pour cela que les électeurs du Doubs doivent voter socialiste. Car lui, dès mai 2002, avait déjà, comme prophétiquement, l’esprit du 11 janvier 2015. Entre Chirac et Le Pen, rappelle-t-il, il n’a pas « tergiversé une seule minute ».

Le chef de l’Etat, en se mêlant d’une élection partielle, trahit l’esprit de l’unité nationale en le récupérant pour une médiocre opération de politique partisane. Sous le président qui a « changé » perce toujours le politicien cynique qui n’a pas changé. Puis il interroge, à la cantonade : « Avons-nous la capacité de vivre ensemble ? » Bien sûr que, dans le Doubs, les citoyens l’auraient encore si Valls, Hollande et les socialistes n’y avaient introduit la discorde, les divisant entre bons et mauvais Français, excluant ces derniers, qui votent pour le Front national, ces pestiférés de la République.

Et après cela, il nous joue, bénisseur, les pères de la nation :

« La République a le devoir de faire que chacun de ses enfants, de ses citoyens, puisse réussir sa vie et ne pas avoir le sentiment qu’il est ségrégé, discriminé, écarté. » Un devoir méprisé comme est bafouée la langue française, qu’il entend pourtant enseigner aux bambins de la maternelle qui apprendront que « ségrégé » est un barbarisme.

Si vous voulez être dignes de l’esprit du 11 janvier, alors vous devez aussi accepter « la mixité sociale », c’est-à-dire « la répartition de la population » de façon autoritaire : un petit remplacement avant un plus grand ? Le même esprit, assure son compère Valls, devrait conduire l’opposition à dépasser les clivages partisans et à voter la loi Macron. Et puis, engagez-vous dans la « réserve » pour propager la bonne parole aux enfants des écoles, où vous ferez souffler l’esprit du 11 janvier… qui est aussi un produit d’exportation. Il va s’employer à faire vivre l’unité nationale… en Ukraine. A peine avait-il achevé sa conférence de presse qu’il s’envolait pour Kiev où l’attendait Merkel. Là-bas, c’est la guerre, a dit Hollande. On nous avait pourtant dit que l’Europe, c’est la paix…

Guy Rouvrais

Crédit photo : album de Jean-Marc Ayrault, via Flickr, (cc).


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