#circo2504 Législative partielle dans le Doubs : l'UMP empêtrée dans la cacophonie après sa défaite. Entretien avec Franck Guiot

Législative partielle dans le Doubs : l’UMP empêtrée dans la cacophonie après sa défaite. Entretien avec Franck Guiot

04/02/2015 – PARIS (NOVOpress) – Membre du Comité Départemental de l’Essonne de l’UMP, Franck Guiot a été élu durant 20 ans. Ne supportant plus les ambiguïtés et les mensonges de l’UMP, il a rejoint le Front National à l’automne 2014. Il avait déjà exprimé son opinion sur la ligne politique suicidaire de l’UMP lors d’un entretien accordé au journal Présent le 17 décembre 2014 et publié par Novopress. Au lendemain de la législative partielle dans la 4ème circonscription du Doubs, il a accepté de répondre à nos questions. Entretien réalisé le 2 février 2015.


Novopress : Franck Guiot, au lendemain de la législative partielle dans le département du Doubs, qui a vu la candidate FN Sophie Montel arriver largement en tête devant le PS, l’UMP étant éliminé, quelle est votre analyse sur ce scrutin ?

Franck Guiot : Ce qui m’a d’abord frappé, c’est de voir certains politiques et quasiment tous les médias s‘étonner du faible taux de participation. Les Français en ont marre de la politique traditionnelle. C’est une formidable claque aux partis du « système » et aux médias « mainstream » qui, depuis les attentats islamistes qui ont frappé la France font l’éloge du « vivre ensemble » et du multiculturalisme à grands coups de « pas d’amalgame » alors que notre pays se dirige vers une guerre civile. Faut-il rappeler l’analyse d’Aymeric Chauprade sur la 5ème colonne ?

Le FN a naturellement profité de la grande dynamique sur laquelle il surfe depuis 2 ans, face à un PS complètement déconnecté de la réalité, et une UMP absolument pas crédible. La défaite de l’UMP est sans doute liée au retour « raté » de Nicolas Sarkozy, mais surtout au pitoyable candidat UMP Charles Demouge qui s’est tristement illustré la veille du scrutin par des propos anti-Blancs et pro-immigration : “Ce sont les bons petits blonds qui m’emmerdent et pas les gens qui viennent de l’immigration” en essayant sans doute de « draguer » un électorat d’origine immigrée qui n’est plus dupe.

Vous avez évoqué la vidéo d’Aymeric Chauprade « La France est en guerre ». Qu’en avez-vous pensé ?

Je partage à 200 % l’analyse d’Aymeric Chauprade sur la présence d’une « 5ème colonne » sur notre sol et du danger qu’elle pourrait représenter. Ceux qui refusent de voir la menace de l’islamisme ou qui ont pu dire que M. Chauprade avait « diffamé l’islamisme » n’ont certainement jamais mis les pieds en banlieue (sauf peut-être dans les banlieues huppées ?) ou dans les territoires à forte proportion de population d’origine immigrée. Comme je l’ai déjà dit à de nombreuses reprises, les questions identitaires (immigration, délinquance, islamisation…) sont au cœur des préoccupations des électeurs du Front National, bien loin devant les questions économiques.

A votre avis quelle sera la position de l’UMP pour le second tour de ce scrutin ? Le ni-ni, le vote FN ou le vote PS ?

Comme d’habitude, c’est la cacophonie générale. Nicolas Sarkozy, lors du bureau politique du 3 février 2015, tiraillé entre plusieurs courants (Wauquiez, NKM, Peltier…) a opté pour une position non-tranchée en refusant justement de prendre position en « laissant les électeurs choisir »… attitude qui accentuera le tournis des électeurs UMP sur la ligne politique ambiguë de l’UMP, alors qu’un parti se réclamant de « droite » devrait sans aucun scrupule appeler à faire barrage à la gauche en appelant à voter FN. Mais c’est là que le slogan UMPS prend tout son sens.

La cacophonie a déjà commencé puisque certains cadres plus ou moins importants ont appelé ouvertement à voter pour le candidat PS. C’est le cas pour le moment de Dominique Bussereau, ancien ministre, de François Merlet, responsable départemental des Jeunes Populaires de Paris, ou encore d’Aurore Bergé, militante pro-LGBT, conseillère politique de l’UMP.

NKM s’est également prononcée sur BFMTV face à Jean-Jacques Bourdin pour un vote en faveur du PS, en précisant que « Le FN défigurerait la France ». D’autres, comme Charles Aslangul, élu UMP à Bry-sur-Marne, se posent la question de leur avenir à l’UMP devant cette cacophonie.

Du côté du fameux ni-ni, on retrouve les « sarkozystes » Thierry Mariani, Guillaume Peltier et Gérard Darmanin (dans Europe 1 Matin).

Par ailleurs, en cas de victoire du candidat PS dimanche prochain, l’UMP portera la très lourde responsabilité de laisser la majorité absolue au Parti Socialiste à l’Assemblée Nationale, majorité qu’il perdrait de facto si Sophie Montel était élue.

Comment voyez-vous le second tour du scrutin de dimanche prochain ?

Avec seulement 4 points d’avance pour Sophie Montel sur le candidat socialiste, ce n’est pas gagné. Tout dépendra du report des voix des électeurs de l’UMP qui devront choisir entre une candidate FN qui défend les valeurs de la France et un candidat PS, membre d’un parti qui a trahi les valeurs de la République et de la démocratie depuis près de 3 ans. Le choix me semble simple pour tout électeur de bon sens. Parions que durant cette semaine, le PS va nous ressortir la mascarade traditionnelle anti-FN, avec pourquoi pas ses célèbres pin’s ? Le PS usera de tous les stratagèmes de la politique de caniveau pour essayer de tromper les électeurs, tous les qualificatifs habituels seront sans doute de sortie (xénophobie, racisme, fascisme…) en oubliant bien vite le passé sulfureux des origines du Parti Socialiste. Bien heureusement, les Français ne croient plus aux grosses ficelles et aux mensonges du PS !

Votre pronostic pour les départementales ? Serez-vous candidat ?

Je ne serai pas candidat titulaire. Le scrutin de la législative du dimanche 1er février 2015 dans le Doubs préfigure à mon avis ce qui va se passer aux départementales fin mars, à savoir un fort taux d’abstention et un FN en tête dans de nombreux cantons, avec des duels PS – FN et FN –UMP, le faible taux de participation empêchant de fait la présence de triangulaires dans de nombreux cantons. L’UMP n’en est qu’à ses premiers déchirements avant une explosion quasi-certaine dans les prochains mois, et une fuite de ses adhérents vers le Front National, seul parti à défendre La France et les Français d’abord. Le premier parti de France c’est le Front National !

Propos recueillis par Walter Numerus pour Novopress