Visite officielle d’Obama en Turquie : l’adhésion à l’Union européenne de « l’allié déterminant » reste un objectif majeur des Etats-Unis
07/04/2009 – 08h00
ANKARA (NOVOpress) – Avant de s’envoler pour une visite officielle de deux jours, Barack Obama a réaffirmé dimanche que l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, déjà activement soutenue par son prédécesseur George Bush, reste un objectif majeur des Etats-Unis. Le président américain a présenté cette perspective comme « un signe important » envoyé au monde musulman, contribuant à « forger une relation fondée sur le respect mutuel et des intérêts communs » entre celui-ci et les Occidentaux. Lors d’un discours lundi devant le Parlement turc, Obama a enfonçé le clou en affirmant que « les Etats-Unis ne sont pas et ne seront jamais en guerre contre l’Islam ». Une précision qui n’allait pas de soi à l’heure de l’engagement total de l’hyperpuissance dans le bourbier pakistano-afghan et des menaces récurrentes contre l’Iran…
Distendues en 2003 quand la Turquie avait refusé son aide aux Américains lors de l’offensive en Irak, les liens entre les Etats-Unis et leur « allié stratégique » s’étaient réchauffés en 2008 quand Bush avait accepté de fournir le soutien des satellites d’observation américains aux raids aériens de l’armée turque contre les bases du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l’Irak. Sur le dossier afghan, Ankara a récemment accédé à la demande pressante des Américains auprès de leurs alliés en dépêchant autour de Kaboul un contingent de 900 hommes dans le cadre de la Force internationale d’assistance à la sécurité. Son rôle de médiateur entre Afghans et Pakistanais est également hautement apprécié des Etats-Unis. Les Turcs organisent en effet régulièrement des « sommets » entre les deux pays, le dernier s’étant tenu à Ankara le 1er avril. Allié traditionnel d’Israël, ayant des frontières communes avec l’Iran et l’Irak, pays clé d’un point de vue énergétique, la Turquie ne manque assurément pas d’atouts géostratégiques à faire valoir.
Pour beaucoup de gouvernements européens, la question du génocide arménien (sur laquelle le président Obama s’est montré lors d’une conférence de presse à Ankara moins pugnace qu’il ne le fut avant son élection à la Maison Blanche…) ainsi que l’occupation militaire de la partie nord de Chypre par l’armée turque restent autant de pierres d’achoppement à l’entrée de la Turquie dans l’UE. S’ils ont réjoui le Britannique Gordon Brown, l’Italien Berlusconi et l’ensemble de dirigeants de l’Europe du Nord, les propos du président américain ont en revanche irrité le président Sarkozy et la chancelière Merkel qui ont réaffirmé leurs « réticences » à l’adhésion turque. Mais « Sarko l’Américain » saura-t-il encore longtemps résister aux amicales pressions de l’hyperpuissance ?…
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