Violences à Nice : les tee-shirts de Christian Estrosi laissent les Niçois sceptiques
Après deux week-ends consécutifs de violences dans le centre de Nice, les mesures annoncées par le maire Christian Estrosi laissent pour le moins sceptiques les commerçants, dont certains ont vu leur vitrine brisée et leur boutique dévalisée. Et elles suscitent l’ironie Philippe Vardon, le porte-parole de Nissa Rebela, récemment mis en cause par le maire de Nice.
Le maire de Nice a fait savoir qu’il entendait frapper au portefeuille les parents des mineurs délinquants : « j’ai fait savoir au procureur que je mettrai en place le contrat parental d’éducation. Je vais recevoir les parents des adolescents interpellés, et s’ils ne respectent pas le contrat, je demanderai la suspension du versement des allocations familiales », a-t-il déclaré dans le quotidien local Nice-Matin. Au risque de déclencher des émeutes dans les quartiers sensibles dont sont issus ces mineurs ? Il y a fort à prier que cette menace ne dépassera pas le stade de l’effet d’annonce.
Le nombre dérisoire d’interpellations (18 le premier samedi, 17 le second) ne semble pas décourager Christian Estrosi selon qui : « On a une vraie lisibilité sur les casseurs depuis samedi. Et nous prenons toutes les dispositions pour qu’aucun ne soit épargné. J’ai mis à la disposition de la Justice, les photos et bobines de la vidéosurveillance pour qu’on aille les chercher chez eux ». Pourtant ces interpellations laissent sceptiques Muriel, qui possède un institut de beauté dans l’une des rues touchées par les casseurs :
Un scepticisme que partage Philippe Vardon, porte-parole du mouvement Nissa Rebela, « les Identitaires du Pays niçois », dont la manifestation prévue samedi dernier sur le thème « Maîtres chez nous » a été interdite au motif, selon Christian Estrosi, que les sympathisants identitaires voulaient « en découdre » et « faire du grabuge » :
Autre mesure-phare annoncée par M. Estrosi : pour toutes les rencontres sportives et culturelles organisées à Nice, les adolescents niçois porteront désormais le même tee-shirts et les mêmes messages – en anglais – : « I love Nice » et « Respect ». De quoi laisser pantois Sylvain comme Monica, travaillant tous deux dans des boutiques de vêtements de la rue Paradis, qui ne mâchent pas leurs mots à l’égard des pouvoirs publics ; et de quoi susciter, on s’en doute, l’ironie de Philippe Vardon :
L’avertissement lancé par cette commerçante niçoise ne semble pas émouvoir outre mesure le préfet des Alpes-Maritimes Francis Lamy, lequel a estimé mercredi dans Nice-Matin que « l’ordre public avait pu être maintenu dans des conditions satisfaisantes dans un contexte de manifestations interdites ». « Je comprends le sentiment d’un commerçant ayant eu sa vitrine brisée mais chacun peut admettre qu’on ne peut par mettre un policier devant chaque magasin », a-t-il ajouté. Les commerçants apprécieront. Et certains finiront peut-être – ça se comprendrait – par faire justice eux-mêmes.
Fabrice Bianco pour Novopress France
[cc] Novopress.info, 2009, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine
[http://fr.novopress.info]