Espérant une réconciliation – Des déçus du FN et du MNR créent le Parti Populiste
Cinq anciens cadres du FN et du MNR ont annoncé hier qu’ils lanceraient, au lendemain du 29 mai, une nouvelle formation politique, le «Parti populiste». Elle sera présidée par Christian Pérez, ancien conseiller municipal FN de Courbevoie, et aura pour porte-parole Franck Timmermans, ancien secrétaire général adjoint du FN et ancien secrétaire général du MNR.
Celui-ci a déclaré que le nouveau parti aurait «pour vocation d’être en paix et en complémentarité avec ses voisins du même camp dont le FN». Une trentaine d’autres «déçus du MNR et du FN» s’y sont déjà associés.
Les fondateurs du nouveau parti avaient suivi Bruno Mégret en 1998, lors du congrès de Marignane. Plus exactement, explique aujourd’hui Franck Timmermans, «ils avaient eu l’imprudence» de le suivre. Le nouveau mouvement n’a jamais décollé et ses résultats électoraux sont vite devenus marginaux.
Bruno Mégret ayant amorcé un recentrage de son mouvement à l’été 2002, ses deux lieutenants, Jean-Yves le Gallou et Franck Timmermans avaient quitté le MNR. Une bonne partie des cadres et militants fit de même.
Aujourd’hui, donc, ceux-là espèrent en la reconstitution du FN d’avant la rupture ? un FN où Franck Timmermans, par exemple, a milité dès l’âge de 16 ans en 1972. Pour l’heure, cependant, «les conditions ne sont pas requises» pour qu’ils retournent au FN, en raison de la persistance de rancoeurs et aussi de «divergences sur certains sujets».
Ils entendent y travailler dans la perspective de «l’après Le Pen». Il s’agit dès maintenant de «reprendre sur le terrain le flambeau pour assurer la pérennité de nos idées», a dit Franck Timmermans. «Il s’agit pour nous de préparer l’avenir et les conditions d’une réconciliation qui de toutes les façons est inéluctable», a assuré l’ancien secrétaire général du MNR.
D’où l’idée de constituer «une formation politique originale qui aura soin de ne jamais se mettre en guerre avec le FN». Elle ne participera ni à l’élection présidentielle ni aux élections législatives. Seules les municipales de 2008 pourraient intéresser le «Parti populiste», dans le cadre d’accords locaux avec le FN.
L’initiative, selon le porte-parole, sera de toute façon positive : «Si l’avenir s’oriente vers un rapprochement tant mieux, s’il s’oriente vers des agrégats, nous récupérerons les restes.»
Source: Le Figaro