Bilderberg, Trilatérale, récession économique italienne... Comment Mario Monti censure Wikipedia

Bilderberg, Trilatérale, récession économique italienne… Comment Mario Monti censure Wikipedia

05/01/2013 — 18h00
ROME (NOVOpress) — « Interdit de dire la vérité sur Monti » : c’est ainsi que Il Giornale résume l’affaire, qui commence à faire du bruit en Italie.

Le site internet d’extrême gauche Il Buio avait été le premier, fin décembre, à attirer l’attention sur d’étranges manipulations sur Wikipedia, en particulier dans les articles « Commission Trilatérale » et « Groupe Bilderberg ». Trois administrateurs, toujours les mêmes, intervenaient systématiquement pour éliminer toute mention de Mario Monti – membre du comité de direction du groupe Bilderberg et président de la section Europe à la Commission Trilatérale, ce qui n’est quand même pas rien, de 2010 à sa nomination comme président du Conseil en novembre 2011.

C’est ainsi que le 16 décembre, un contributeur ayant eu l’idée d’insérer une liste chronologique des présidents de la Trilatérale (parmi lesquels apparaissait fatalement le nom de Monti), un administrateur est intervenu pour annuler toutes les modifications de l’article (y compris les simples corrections d’orthographe et de style) et rétablir une version précédente, en ayant même soin de bloquer l’article pour empêcher toute nouvelle modification.

De même, le 21 décembre, un contributeur ayant ajouté à l’article « Bilderberg » les noms des quelques Italiens qui avaient fait partie du steering committee, dont évidemment Monti, il n’a fallu que quelques minutes à un administrateur pour supprimer toute la section concernée, avec l’argument que cette information était du « localisme ».

Dans l’article « Mario Monti » lui-même, des statistiques sur le bilan de son gouvernement avaient été données, sans commentaire et avec toutes les références voulues (« durant l’année du gouvernement Monti, le PIB italien a enregistré une baisse de 2,4%. […] Le taux de chômage est passé de 8,6% à 10,8% […] »). Toutes ces données peu flatteuses ont été supprimées le 25 décembre à 10h 18 du matin : les censeurs de Monti ne s’arrêtent pas pour Noël ! L’administrateur qui est intervenu est le même, comme par hasard, qui avait, quelques jours plus tôt, éliminé comme « localiste » la liste des membres italiens du Bilderberg.

Il Giornale rapproche cette censure en ligne du secret obstinément gardé par Monti sur la réunion qu’il a tenue, le 28 décembre, avec les dirigeants centristes italiens pour préparer les élections. Que le lieu n’ait pas été communiqué à l’avance à la presse, on peut le comprendre, mais Monti refuse toujours de le révéler. Selon le quotidien en ligne Formiche.net (a priori bien informé puisque son fondateur, Paolo Messa, a été chef du bureau de presse d’un des partis concernés, l’Union des Démocrates chrétiens et du Centre), Monti et ses associés se sont retrouvés en toute discrétion au couvent romain des Sœurs de Notre Dame de Sion, dans l’appartement qu’y occupe « un prélat qui monte au Vatican, Vincenzo Paglia, président du Conseil pontifical pour la famille et conseiller spirituel de la Communauté de Sant’Egidio fondée par Andrea Riccardi, le plus montinien des ministres ». Tartuffe-Riccardi, l’ultra-immigrationniste ministre de la Coopération internationale et de l’intégration de Monti, était bien sûr présent à cette réunion secrète, qui a duré quatre heures. Rappelons que le Vatican, via l’Osservatore Romano, a pris lourdement position, fin décembre, en faveur d’un nouveau gouvernement Monti, pour permettre à celui-ci « d’ouvrir la seconde phase de son programme réformateur ». L’Osservatore Romano n’a pas même craint d’imprimer que Monti voulait « retrouver le sens le plus haut et le plus noble de la politique ».

La présidence du Conseil a immédiatement publié un communiqué déclarant cette information « privée de tout fondement », mais en se refusant toujours à dire où Monti, Tartuffe-Riccardi et leurs amis démocrates-chrétiens s’étaient rencontrés.

Bilderberg, la Trilatérale, la communauté mondialiste Sant’Egidio… Mario Monti aime décidément les réunions à huis clos. Et il n’aime pas qu’on en parle.

Crédit photo : DR.