Italie : écoles évacuées faute de chauffage, la mairie a-t-il tout dépensé pour les Roms ?

Italie : écoles évacuées faute de chauffage, la mairie a-t-elle tout dépensé pour les Roms ?

19/12/2012 — 14h00
LA SPEZIA (NOVOPress) — Dans la ville de La Spezia, chef lieu de la province du même nom, en Ligurie, c’est le grand froid dans les écoles. Il y a huit jours, au lycée professionnel Einaudi, élèves et enseignants ont tenu trois heures dans les salles de cours, avant que le proviseur n’ordonne d’évacuer l’établissement : même avec gants et bonnets, le froid était insupportable. Dans la même ville, au lycée Mazzini, les élèves arrivent le matin munis de plaids pour suivre les cours.

Le même scénario s’est produit dans de nombreux lycées et écoles à travers l’Italie, avec la vague de froid de ce mois de décembre. Les provinces, auxquelles incombe le chauffage des établissements scolaires, n’ont pas de quoi payer, en raison des restrictions budgétaires imposées par le gouvernement Monti. Parfois il n’y a pas de chauffage du tout, parfois, comme à Foggia dans les Pouilles, le chauffage est strictement limité : trois heures le matin plus deux heures trois après-midis par semaine. À Savone, toujours en Ligurie, la province a prévenu qu’elle ne pourrait plus assurer le chauffage des lycées à partir du 1er janvier, pas plus, du reste, que le nettoyage des routes en cas de neige et de gel.

À La Spezia, la province n’a budgété cette année que 60.000 euros pour assurer l’entretien de quinze établissements scolaires. Michael Mazzola, représentant des élèves d’Einaudi, décrit une situation d’abandon complet : les toilettes ne fonctionnent plus, les lycéens ont dû se collecter pour louer eux-mêmes une salle où tenir leur Assemblée générale… « Nous sommes conscients, dit-il, que la province est étouffée par les coupes budgétaires, mais il est vrai aussi que les institutions se montrent toujours plus sourdes à nos demandes et à nos besoins ».

L’affaire a immédiatement débouché sur un affrontement politique entre la municipalité de gauche de La Spezia et les élus du Popolo della Libertà (centre-droit) au conseil municipal. Ceux-ci ont rouvert la polémique qui avait fait rage à la rentrée, après que la mairie eut décidé de prendre à sa charge la facture d’eau du camp Rom des Boschetti. Les impayés s’étant accumulés, la note s’élevait à 150.000 euros. Un témoignage publié par la presse locale mettait en outre en cause un gaspillage gigantesque, en raison d’une fuite d’eau non réparée depuis deux ans et s’écoulant sur la voie publique.

Dès lors, selon les élus du Popolo della Libertà, Maria Grazia Frijia et Sauro Manucci, « puisque la municipalité de La Spezia trouve l’argent pour régler la note salée de l’eau du camp Rom, qui se monte à 150.000 euros sinon plus, on doit aussi pouvoir trouver l’argent pour chauffer les salles de cours de nos enfants ».

Le grand quotidien régional de Ligurie, Il Secolo XIX, résume bien les choses : « le centre-gauche attaque le gouvernement pour les coupes nationales [gouvernement Monti que les députés et sénateurs du centre gauche n’en soutiennent pas moins au Parlement, N.d.T.], et le centre droit reproche aux administrations locales leurs gaspillages et leurs choix erronés. Espérons qu’on trouve quand même les moyens d’éviter aux élèves de nouvelles matinées de froid ».

Crédit photo : Alessandro Zangrilli via Wikipédia (cc)