Attentat contre Casapound à Bologne : la gauche bourgeoise refuse toute solidarité

Attentat contre Casapound à Bologne : la gauche bourgeoise refuse toute solidarité

14/11/2012 –  22h30
BOLOGNE (NOVOpress) –
Dans la nuit du 27 au 28 novembre, le siège de Casapound à Bologne était attaqué à coups de cocktails molotov (ci-dessus 2 images de la caméra de vidéo-surveillance). L’arrestation des agresseurs, trois prétendus anarchistes (et surtout vrais drogués), faisait deux blessés légers parmi les forces de l’ordre. Les « antifascistes » de la ville organisaient immédiatement une manifestation de solidarité avec « les compagnons arrêtés ».

La semaine dernière, au Conseil du quartier, les élus du centre droit (Popolo della Libertà berlusconiste et Ligue du Nord) ont présenté une motion pour condamner l’attentat et exprimer la solidarité du Conseil à Casapound Bologna ainsi qu’aux policiers blessés lors de l’arrestation. À la demande du parti de gauche alternative, Movimento 5 Stelle, le texte a été modifié pour en restreindre la portée. Au lieu de « le Conseil du quartier Navile exprime sa solidarité à Casapound », sans précision, la version corrigée portait : « le Conseil du quartier Navile exprime sa solidarité à Casapound pour ce qui s’est passé ».

Malgré cette correction, les élus de gauche du Parti démocrate, majoritaires au Conseil, ont rejeté la motion. L’unique élu de l’UDC (Union des Démocrates Chrétiens) s’est comporté en bon démocrate-chrétien, c’est-à-dire qu’il s’est abstenu.

La raison du vote négatif du Parti démocrate – le grand parti de ce qu’on appelle en Italie le « centre gauche », c’est-à-dire la gauche institutionnelle (regroupant ex-communistes, sociaux-démocrates et chrétiens de gauche) ? Le refus « d’exprimer une quelconque solidarité » à Casapound. « Il ne s’agit pas, a déclaré le conseiller Roberto Landi, de n’importe quelle association. Les gens de Casapound ne sont pas des victimes, mais ils ont cherché ce qui leur arrive, parce que des gens qui sont habitués à donner des coups doivent s’attendre tôt ou tard à en recevoir. L’unique solidarité qu’on puisse voter est celle qui va aux forces de l’ordre et aux personnes innocentes éventuellement impliquées ». Les personnes innocentes : car les gens de Casapound sont coupables par nature.

Les élus du Movimento 5 Stelle ont vainement tenté de faire valoir que « la solidarité doit toujours être donnée à qui subit la violence », quelle qu’elle soit. « Une personne est une personne, au-delà de ses idées, de sa race, de son sexe ». « S’il y avait eu un mort, ont-ils même demandé aux élus de centre gauche, est-ce que cela aurait changé quelque chose ? Faut-il toujours en Italie attendre qu’il y ait un mort pour prendre ses distances des actes de violence ? »

« Nous sommes contre la violence, a répliqué imperturbablement la présidente du groupe du centre gauche, Giulia Bernagozzi, mais la tentative continuelle pour légitimer un groupe néo-fasciste nous impose de réagir de cette manière. Il est temps que l’indignation civile et démocratique se tienne en garde » – l’indignation contre Casapound, bien sûr.

Le Parti démocrate, qui a constamment soutenu depuis un an le gouvernement Monti, aux ordres de la Goldman Sachs, s’est bien éloigné de l’anticapitalisme des années 1970. Mais il en a gardé le fameux slogan d’appel au meurtre : La Resistenza ce l’ ha insegnato: uccidere un Fascista non è reato! (« La Résistance nous l’a appris, tuer un fasciste n’est pas un délit ! »).

Après une période d’admiration peut-être aveugle pour Casapound, la nouvelle mode en France semble plutôt de dénigrer sans nuance le mouvement à la tortue, comme s’il n’avait fait que profiter de conditions beaucoup plus faciles que de notre côté des Alpes. Récemment interrogé à ce propos, Adriano Scianca, responsable culturel de Casapound, a répondu : « celui qui peint une Italie où les fascistes disposent d’un tapis rouge est simplement quelqu’un à la recherche d’une excuse pour justifier ses propres échecs. Casapound Italie a subi plus de 50 agressions anti-fascistes. Il y a à peine quelques jours un cocktail Molotov a été lancé sur la porte de notre siège à Bologne. Nous avons eu jusqu’à cinq prisonniers politiques en même temps. Le Parti démocrate – héritier de l’ancien Parti communiste et maintenant probablement premier parti en Italie – est un ennemi déclaré de Casapound et a entrepris plusieurs fois des démarches au Parlement pour demander notre dissolution ».