États-Unis : le diocèse de Caroline du Sud quitte l’Église épiscopalienne américaine plutôt que d’accepter le mariage gay

États-Unis : le diocèse de Caroline du Sud quitte l’Église épiscopalienne américaine plutôt que d’accepter le mariage gay

21/11/2012 — 08h00
CHARLESTON (NOVOpress) — Lors d’une assemblée extraordinaire à Charleston, le 17 novembre 2012, l’Église épiscopalienne du diocèse de Caroline du Sud a décidé à une très forte majorité (71 voix pour et 3 abstentions parmi les délégués du clergé, 47 pour et 5 abstentions parmi les délégués laïcs) de suivre son évêque, Mark J. Lawrence (photo ci-dessus), et de se retirer de l’Église épiscopalienne américaine (« l’Église protestante épiscopale aux États-Unis d’Amérique », selon son titre officiel). Le diocèse se définit désormais comme « diocèse extra-provincial au sein de la communion anglicane ».

L’évêque Lawrence, un traditionaliste, est en conflit depuis plusieurs années avec la hiérarchie de l’Église nationale, dont le progressisme est devenu véritablement furieux sous la présidence de la « Primate », Katharine Jefferts Schori : après le premier évêque homosexuel déclaré en 2003, l’Église épiscopalienne a ainsi eu la distinction de compter en 2007 la première femme prêtre convertie à l’Islam (qui se définissait comme “à la fois chrétienne et musulmane”), puis en 2009 la première femme évêque lesbienne. Les transsexuels ont été officiellement admis dans le clergé cette année.

Les dissensions entre la Caroline du Sud et l’Église nationale ont porté à la fois sur le dogme (la divinité de Jésus-Christ et la doctrine du mariage) et sur la discipline (en particulier l’ordination sacerdotale d’homosexuels « pratiquants »). Mais le point de non retour a été atteint en juillet dernier lorsque la 77e convention générale (l’organe suprême de l’Église épiscopalienne), réunie à Indianapolis, a officiellement adopté un rituel de « bénédiction » pour les couples de même sexe, reprenant tous les éléments traditionnels du mariage : consentements, échanges des anneaux, bénédiction. L’évêque Lawrence et les délégués de Caroline du Sud avaient alors quitté la convention en signe de protestation.

Samedi dernier, dans une ardente homélie (vidéo ci dessous, en anglais) à l’assemblée diocésaine de Charleston, l’évêque Lawrence a appelé le diocèse à « tourner la page »« Nous avons passé beaucoup trop d’heures et de jours et d’années en une résistance douteuse et infructeuse à la marche inexorable de l’Église protestante épiscopale ». « Notre conception de la nature humaine, a-t-il déploré, le donné de la distinction des sexes masculin et féminin, que Dieu a inscrit dans l’ordre naturel de la création, cela est maintenant déclaré inacceptable par le droit canon ».

La possibilité pour les diocèses traditionalistes de se déclarer indépendants de l’Église épiscopalienne nationale donne lieu à des débats théologiques et canoniques très compliqués. Elle comporte aussi de grandes difficultés juridiques, pour déterminer à qui reviennent les biens ecclésiastiques, qui sont considérables. Plusieurs procès sont déjà en cours devant les tribunaux civils américains.

La décision du diocèse de Caroline du Sud revêt par ailleurs une résonance toute spéciale, alors que des pétitions pour faire sécession, après la réélection de Barack Obama, ont été lancées dans plusieurs États du Sud, et ont recueilli, au premier chef au Texas, des dizaines de milliers de signatures. Le diocèse de Caroline du Sud s’était déjà retiré une première fois de l’Église des États-Unis, pendant la guerre de Sécession. Avec les autres diocèses du Sud, il avait alors formé la nouvelle « Église épiscopale dans les États confédérés d’Amérique ». Il avait ensuite été le dernier, en 1868, à revenir à la convention générale. L’esprit du Vieux Sud aurait-il soufflé à Charleston, samedi dernier, quand les délégués diocésains ont décidé de faire sécession du « 815 » – la puissante bureaucratie ecclésiastique ultra-politiquement correcte que la « Primate » Schori, entourée d’une armée d’avocats, dirige au 815 Second Avenue, New York City ?

Crédit photo : Capture d’écran.