Avatar 2045, de Dmitry Itskov : ceci n'est pas un film

Avatar 2045, de Dmitry Itskov : ceci n’est pas un film

02/09/2012 – 16h30
PARIS (NOVOpress) — La frontière entre science et fiction devient de plus en plus ténue. Un nouveau projet « fou » (2045.com) vient de voir le jour en Russie, « Avatar 2045 ». Son but rien de moins que de créer les conditions scientifiques et technologiques de l’immortalité pour les hommes.

À l’origine du projet un jeune entrepreneur russe, Dmitry Itskov, dont l’idée, inspirée du film Avatar de James Cameron, est de transplanter un cerveau humain dans un corps robotisé.

Avatar 2045 comprend  quatre étapes échelonnées dans le temps :

  • 2015 : prototype de copie robotique de corps humain contrôlé à distance
  • 2025 : transplantation d’un cerveau humain dans le corps robotisé
  • 2035 : prototype d’avatar robotisé avec cerveau artificiel dans lequel on transplanterait une copie cybernétique d’un cerveau humain
  • 2045 : mise au point d’un hologramme intégral qui serait une copie « parfaite » de l’être humain d’origine.

Pour l’instant ce projet n’existe encore que sur le papier mais Dmitry Itskov y croit fermement. Il a contacté les milliardaires du monde entier pour récolter des fonds pour mener à bien les recherches.

Avatar 2045, de Dmitry Itskov : ceci n'est pas un film

Dmitry Itskov. – crédit photo : DR

L’objectif ultime, l’avatar holographique, présenterait selon D. Itskov de nombreux avantages, notamment l’extension des capacités de déplacements. Un hologramme intelligent pourrait en effet traverser les murs, se déplacer à une vitesse phénoménale.

Pour faire aboutir « Avatar 2045 », le DARPA (Defense Advance Research Projects Agency) américain va également être mis à contribution. Celui-ci travaille déjà sur des projets de recherche visant à créer des androïdes soldats dans lesquels on aurait téléchargé le cerveau des vrais soldats, qui eux resteraient en sécurité hors du champ de bataille.

L’idée de télécharger un cerveau humain dans une machine n’est pas nouvelle. Mais cette potentialité commence à se rapprocher de nous. Un autre chercheur, Ken Hayworth, spécialiste en neurobiologie à Harvard, veut faire une copie informatisée de son cerveau pour le raccorder à un robot. K. Hayworth est fermement convaincu que cette technologie sera totalement opérationnelle au tournant du siècle prochain : « le transfert d’un cerveau biologique à un système d’exploitation à base de silicium sera aussi commun que la chirurgie oculaire au laser aujourd’hui ». Convaincu au point d’être prêt à mourir physiquement pour le démontrer : il souhaite que son cerveau soit prélevé pendant qu’il est encore jeune pour pouvoir ensuite ressusciter sa conscience dans un ordinateur.

Qu’un scientifique poursuive une idée qui nous paraît folle ou inquiétante est une chose. La science avance aussi grâce à ces “doux dingues”. En revanche le projet Itskov est un petit peu plus inquiétant. Il veut en effet radicalement modifier l’humanité : “Les principaux objectifs sont les suivants : la création d’une nouvelle vision du développement humain, la réalisation de la possibilité d’une extension radicale de la vie humaine grâce à la technologie cybernétique, ainsi que la création d’une nouvelle culture associée à ces technologies.” Et libérer l’Homme “de la maladie, de la vieillesse et de la mort”.

La conscience de l’Homme étant ce qu’elle est, justement parce qu’il a conscience de mourir un jour, si cette finitude disparaît, que se passera-t-il ? Tous les repères moraux, métaphysiques et philosophiques de notre civilisation devraient être revus.

“Avatar 2045” est d’autant plus inquiétant qu’il est annoncé sur le site du projet la création d’un parti politique “Evolution 2045” dont le but avoué est de modifier l’humanité. Le projet est totalement messianique et délirant. Le manifeste du parti  (evolution.2045.com) indique clairement la volonté de créer une “nouvelle civilisation” par le biais des technologies cybernétiques. Pour parvenir à ce but, il est question de révolution culturelle auprès des masses, portée et favorisée par du lobbying intensif dans les grandes institutions internationales. Il y est bien question à ce propos de “notre idéologie du futur”. Il est question de constituer une nouvelle élite intellectuelle et de faire pression pour faire rentrer dans les législations “le droit à l’immortalité cybernétique”.

Nous sommes donc très loin d’un simple projet scientifique un peu farfelu. Il s’agit bien d’une nouvelle idéologie politique en germe, avec le transhumain comme horizon. En enrôlant l’hyperclasse mondiale pour financer ce projet délétère, il y a des chances qu’il aboutisse. Allons nous laisser faire ?

Spoutnik, pour Novopress

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