Gros malaise chez les policiers, en Bretagne aussi

Gros malaise chez les policiers, en Bretagne aussi

01/05/2012 – 08h30
NANTES (NOVOpress Breizh) – Du jamais vu depuis bien longtemps. Le 27 avril dernier à midi, deux cents policiers se sont réunis devant le commissariat central de Nantes, pendant que d’autres parcouraient les rues du centre-ville à bord de leurs véhicules de fonction toutes sirènes hurlantes. A Rennes, ce sont soixante fonctionnaires de police qui ont manifesté spontanément pendant une demi-heure devant l’hôtel de police de Rennes. Comme dans les manifestations à Paris, Bobigny et d’autres villes, tous entendaient apporter leur soutien à leur collègue de Seine-Saint-Denis, mis en examen deux jours plus tôt pour « homicide volontaire », alors qu’il procédait à l’interpellation d’un dangereux multirécidiviste.

L’individu en question, un dénommé Amine Bentounsi, âgé de 29 ans, était activement recherché par la police. Repéré près d’un bar, l’homme avait pris la fuite et lâché une grenade. Retranché entre deux voitures, il avait braqué un revolver à 6 coups de calibre 35 en direction du policier à pied qui tentait de l’interpeller. Se sentant directement menacé, ce dernier a fait usage de son arme à quatre reprises, s’estimant en situation de légitime défense. L’arme du délinquant a été retrouvée avec le barillet plein.

Incarcéré dès l’âge de 13 ans pour un incendie criminel de bien public perpétré à Meaux – ce qui lui avait valu à l’époque le titre de « plus jeune incarcéré de France » – puis à 16 ans, en 1998, après un vol avec violences, Amine Bentounsi est titulaire d’un casier judiciaire comportant onze condamnations, notamment criminelles pour des faits de vols avec arme. Une nouvelle fois condamné en 2007 à 10 ans de réclusion pour braquage, il n’avait pas regagné la prison de Châteaudun (Eure-et-Loir) après une permission de sortie en juin 2010. D’où la tentative d’interpellation du 21 avril dernier.

« Mon frère, ce n’était pas Mesrine. S’il a déjà été condamné pour des vols ou des cambriolages, Amine n’était pas quelqu’un de violent (sic). Il n’a jamais tué personne. Nous voulons connaître la vérité. On n’a pas de haine. On veut la justice » a cru bon de déclarer au Point le frère aîné du repris de justice.

Manifestement Saïd Bentounsi a été entendu par les magistrats du tribunal de Bobigny, qui n’ont pas hésité à mettre en examen le policier pour « homicide volontaire ». Plus surprenant, le parquet n’a pas souhaité faire appel de la décision.

Suite à cette affaire, Nicolas Sarkozy a proposé d’instituer pour les policiers une « présomption de légitime défense », une mesure prônée par Marine Le Pen. « Dans un Etat de droit, on ne peut pas mettre sur le même plan un policier dans l’exercice de ses fonctions et le délinquant dans l’exercice de ses fonctions à lui », a-t-il déclaré à Raincy, tout en se défendant de vouloir donner « un permis de tuer à un gendarme ou à un policier ». François Hollande, pour qui la sécurité des policiers n’est semble-t-il pas une priorité, a réfuté ce concept, se prononçant toutefois pour un maintien du salaire tant qu’un policier « n’est pas jugé ». Selon l’Institut pour la Justice, en 2011, 14 policiers et gendarmes sont morts dans l’exercice de leurs fonctions. Dans le même temps, plus de 10.000 ont été blessés.