Du l'art et du cochon ?

Du l’art et du cochon ?

Animal indissociable de notre culture européenne, de notre imaginaire, de nos expressions comme de notre cuisine, la cochon a bien sûr aussi inspiré avec plus ou moins de bonheur les musiciens. D’aucuns se souviendront du groupe Odeurs qui à la fin des années 70 chantait avec humour : « La viande de porc, C’est bon quand c’est mort. Mais quand c’est vivant, Ça fait du boucan ».

Un siècle plus tôt, le célèbre compositeur viennois Johann Strauss (fils) connut un succès éclatant avec son opérette Le baron tsigane (extrait vidéo ci-dessous), où le riche éleveur Zsupán chante fièrement que peu lui chaut littérature ou poésie, puisque l’idéal le plus élevé de sa vie, ce sont les soies, le lard et la viande de porc. Pour la petite histoire, le voïvode Barinkay dont Zsupán a usurpé une partie des terres avait été banni à cause de sa collaboration… avec le dernier pacha turc. Tout un symbole !

Un autre compositeur s’est tout récemment intéressé à nos sympathiques suidés : un quadragénaire anglais, excentrique et accessoirement végétarien, passionné de nombreux styles dont une forme d’électro minimaliste et iconoclaste, illustrée de nombreux sons enregistrés. Ce n’est donc pas par hasard que le troisième volet d’une trilogie qu’il a débuté en 2010 comporte de nombreux sons porcins. « One Pig », c’est le nom de l’œuvre (cliquer sur ce lien pour l’écouter), décrit la vie d’un porc de ferme de sa naissance à son arrivée dans l’assiette. Et forcément, c’est là que les ennuis de Matthew Herbert ont commencé…

Pas surprenant certes, en notre ère d’intolérance où ce pauvre cochon, qu’il se tapisse au fond d’une assiette de soupe ou s’affiche en un apéro saucisson-pinard ; ce synonyme de bonne “chair”, de festivité, de chance et d’optimisme, se voit accusé de tous les maux et de toutes les arrière pensées nauséabondes. Mais que le lecteur se rassure, pour une fois ou pas encore, il n’est pas ici question de LICRA ou autre SOS Racisme, mais du PETA, « People for Ethical Treatment of Animals », groupuscule de défense des animaux aussi américain qu’extrémiste, qui a condamné l’œuvre comme il se doit en ces cas là, sans même l’avoir entendue…

L’on donnera ainsi et pour conclure raison à Fénelon: « la patrie du cochon se trouve partout où il y du gland ».

Image en Une : copie d’écran de la vidéo de Le baron tsigane.