Parrainage de la frégate Chevalier-Paul : la Ville de Nantes rend hommage à un grand marin qui lutta sans merci contre les Barbaresques

Frégate Chevalier-Paul : la Ville de Nantes rend hommage à un grand marin qui lutta sans merci contre les Barbaresques

01/04/2012 – 12h15
NANTES (NOVOpress Breizh) – Le commandant de la frégate de défense aérienne Chevalier-Paul et Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, ont signé le 17 mars dernier la charte de parrainage du dernier-né des bâtiments de la Marine nationale par la Ville de Nantes. En honorant ainsi un grand marin qui s’illustra au XVIIème siècle par une guerre sans merci contre l’Empire ottoman, le maire de Nantes a pris le risque de heurter la sensibilité de certains « Nantais venus d’ailleurs ».

Qui était donc ce Chevalier Paul ? Né à Marseille en 1598, Jean-Paul de Saumeur, dit le Chevalier Paul, s’est illustré d’abord en Méditerranée, comme corsaire au service de l’Ordre de Malte. Bien que n’étant pas noble, ses nombreux faits d’armes contre les Turcs lui valurent d’être nommé, en 1637, chevalier de l’Ordre.

A la demande de Richelieu il intégra la Marine royale et combattit pendant toute la guerre franco-espagnole (1635-1659). Ses nombreuses victoires lui valurent d’être nommé lieutenant-général et vice-amiral du Levant. En 1660 et 1661 il commandera des croisières de protection du commerce devant Tripoli, Alger et Tunis. En février 1661 il réussira à s’emparer de deux navires corsaires algériens. Deux ans plus tard Chevalier Paul lança une opération audacieuse sur la Goulette (Tunisie), au cours de laquelle il captura le navire-amiral algérien et repoussa les attaques d’une escadre tunisienne.

En 1664, il participe activement à une campagne sur les côtes d’Algérie au cours de laquelle une escadre algérienne fut pratiquement détruite. Il meurt à Toulon le 20 décembre 1667. Laissant le souvenir d’un marin d’une audace et d’une maîtrise exceptionnelles, Chevalier Paul s’est notamment illustré en libérant de très nombreux esclaves français des pachas turcs d’Alger, de Tunis ou de Tripoli, alors colonies de l’Empire ottoman.

Sans faire la moindre allusion à la carrière du Chevalier Paul, dont il semble – ou fait semblant – de tout ignorer, Jean-Marc Ayrault s’est félicité sur son blog de ce parrainage, estimant que ce dernier « constitue un moyen privilégié de maintenir et d’approfondir le lien qui doit unir l’armée à la nation. C’est la conscience que nous devons avoir des intérêts maritimes de la France, d’une ambition maritime partagée. »

Le conseiller spécial de François Hollande va jusqu’à suggérer « qu’un travail particulier pourra s’effectuer avec les écoles nantaises. Une école pourrait ainsi devenir partenaire de la frégate Chevalier Paul. Les élèves en suivraient les missions à distance, pourraient rejoindre la Frégate lorsqu’elle serait à quai à Toulon. Nous pouvons imaginer de multiples formes d’échanges qui viendraient régénérer ce lien entre les jeunes générations et la marine, car nous n’oublions pas le rôle de la défense comme élément de notre cohésion nationale. »

Enseigner dans les écoles nantaises les exploits de Monsieur de Saumeur, dit le Chevalier Paul, contre les Barbaresques ? Rappeler qu’il a contribué à tirer de leurs griffes des esclaves européens ? Voilà bien une heureuse initiative qui, malheureusement, risque fort de demeurer lettre morte. Elle pourrait en effet heurter les élèves issus de la « diversité » et donc compromettre le sacro-saint « vivre ensemble ». Un risque que le maire de Nantes, en bon oligarque mondialiste, n’est certainement pas prêt d’assumer.

Crédit photo : Michael Davies via flickr licence cc.