Merah ressuscite Audiard : « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ! »

Merah ressuscite Audiard : « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ! »

Leur obsession pathologique de l’extrême droite, alliée à une incapacité psychiatrique d’envisager que des actes racistes et antisémites puissent être commis par d’autres qu’un blanc occidental, a conduit de belles consciences à écrire, lors des tueries de Toulouse et de Montauban, de grands morceaux d’anthologie. A méditer et à conserver soigneusement. Pour la prochaine fois !

La palme revient sans doute au site Internet agoravox.fr qui a publié deux articles qui resteront à tout jamais gravé dans l’anthologie de la connerie. Leur auteur n’a pas signé ses deux forfaits. Qu’il se manifeste pour recevoir sa médaille d’or. Le premier s’intitule « La peste brune ». Extraits: « A nouveau, un pays européen a subi une attaque meurtrière visant des minorités. Nombreux ont été les propos racistes, et xénophobes ces dernières années, et le lent glissement vers l’extrême droite a des conséquences violentes et imprévisibles. Il est facile aujourd’hui de s’indigner face aux nombreux morts, martyrs de l’intolérance mais que n’aurait-il fallu s’indigner face aux nombreux dérapages de nos représentants et de leurs stratégies de captation des thèmes nationalistes. Aujourd’hui nous sommes tous responsables des tueries de Toulouse et Montauban! » Parle pour toi, Ducon !

« Le profil parfait du tueur d’extrême droite »

Il semble que ce soit le même fin limier de la police politique qui récidive avec « La France sur les traces de « son “Breivik” »: « Le type d’action, par sa violence et son caractère organisé, fait obligatoirement penser à une tuerie à la Breivik réalisée par séquences différentes. » Après avoir déliré pendant des lignes et des lignes sur son Breivik français, notre limier s’interroge soudain: « Reste néanmoins aussi, il ne faut pas l’ignorer, la piste de l’extrémiste islamiste. » Mais avec sa grande perspicacité, il nous rassure: « En banlieue, cela m’étonnerait qu’un jeune armé sache autant organiser pareille opération nécessitant beaucoup d’heures de surveillance, à moins de mettre tout un quartier dans le coup. » La piste islamiste écartée, l’inspecteur Maigret retrouve immédiatement celle de l’islamophobie: « A l’heure actuelle, beaucoup d’indices laissent envisager que le pays vient de se trouver un Breivik, les objectifs du Breivik français sont clairement… anti-communautaristes, et fondamentalement racistes. Le profil parfait de l’homme d’extrême droite, ayant eu un passé militaire, ou passionné de la chose militaire. Ce qui déjà restreint pas mal le champ d’investigation des enquêteurs. »

Nous avons également eu droit à l’analyse d’un certain Dominique Reynié, agrégé de science politique, politologue et professeur à l’institut politique de Paris. Pauvres étudiants de la rue Saint-Guillaume ! Selon cette sommité, « ce passage à l’acte s’inscrit dans une montée générale du populisme en Europe. Je suis convaincu que c’est un événement majeur qui va complètement réorienter la campagne. Le ton de la campagne ne pourra pas être le même. La campagne a été dominée par un ton extrêmement agressif et une rhétorique populiste très présente. Cette rhétorique va devoir cesser… On est dans une pathologie meurtrière liée à des fantasmes sur l’immigration et sur l’antisémitisme, qui sont alimentés un peu par tout le monde. »

Merah ressuscite Audiard : « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ! »

Qui est le roi des cons ?

Autre inconnu qui accède à la notoriété par la grande porte de la connerie: un certain Thierry de Cabarrus, critique politique et cinéma, qui écrit sur le site du « Nouvel Observateur »: « Sarkozy, Le Pen: comment la tuerie de Toulouse stoppe leur campagne haineuse. » Morceaux choisis: « Cette série d’attaques sanglantes contre des personnes innocentes, mais aussi contre des institutions (l’école, l’armée) répond comme un écho terrible aux violences verbales et aux désignations des boucs émissaires qui se sont succédé ces derniers mois… Le Front national, mais aussi l’UMP ont placé au cœur du débat électoral des thèmes stigmatisants comme celui de la “viande halal” ou celui des “civilisations qui ne se valent pas”… La persistance d’un climat de haine, alimenté par d’incessantes violences verbales, par la désignation de “coupables” à tous nos maux, par la mise en cause de communautés religieuses ou culturelles n’est, à l’évidence, pas étrangère au passage à l’acte des déséquilibrés, des extrémistes, des racistes ou des terroristes. »

Terminons en apothéose par celui qui, lorsque les cons voleront, sera chef d’escadrille: l’inénarrable Bernard-Henri Lévy. Avec lui, nous croyons toujours que les abîmes de la connerie sont atteints. Erreur! Il peut toujours se surpasser. Qu’on en juge plutôt. Se remémorant la grande manifestation parisienne ayant suivi la manipulation de Carpentras, il s’exclame: « Il faudrait aujourd’hui, Nicolas Sarkozy et François Hollande en tête, l’équivalent de cette manifestation dans Toulouse endeuillé: place du Capitole, ce haut lieu de notre mémoire nationale où le général De Gaulle vint, le 16 septembre 1945, prêcher l’unité du pays face à un peuple de maquisards FFI, FTP et de rescapés des Brigades internationales en Espagne, un grand rassemblement solennel où toutes les forces politiques viendraient dire, sans nuances, que c’est la France entière qui est attaquée… Avis aux pyromanes de la défense d’une “identité nationale” perçue comme une entité fermée, frileuse, nourrie au ressentiment et à la haine: c’est le contrat social que l’on assassine dans une tuerie de cette sorte. »

Une fois l’identité du tueur connu, tous ces cons se sont tus. Les pancartes ont été remisées. Il n’était plus question de défiler dans les rues.

Merah ressuscite Audiard : « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ! »

Nous savions déjà que pour ces belles consciences, toutes les victimes ne se valent pas. Certaines méritent la compassion. D’autres pas. Nous savons désormais qu’il en est de même pour les assassins. Certains doivent être condamnés. Et d’autres absous. Audiard avait vraiment raison: les cons, ça ose vraiment tout!

Thierry Normand

* « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ! » est une réplique “culte” du film “Les Tontons flingueurs”, dialogues Michel Audiard.

Merah ressuscite Audiard : « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ! »

[box class="info"] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 28 mars 2012 reproduit avec son aimable autorisation ainsi que les dessins d’Aramis. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Merah ressuscite Audiard : « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ! »