Laurence Parisot à Nantes pour défendre le « projet de société » du Medef

Laurence Parisot à Nantes pour défendre le « projet de société » du Medef

19/03/2012 – 18h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – « Un vrai projet de société pour les années à venir ». Laurence Parisot était à Nantes le mercredi 14 mars pour présenter « Besoin d’aire », le livre programme du Medef. Au-delà de la vie économique, il s’agit en effet pour l’organisation patronale de construire les Etats-Unis d’Europe, de réguler le monde, de réinventer la France et de mettre en œuvre une ambition « humaniste ». Coup de projecteur sur l’idéologie du grand patronat français en 2012.

Devant 300 représentants des organisations patronales et chefs d’entreprise de la région, la réunion s’est ouverte par un éloge des “Pays de la Loire” et de la parfaite coopération entre les élus socialistes, en particulier le président du conseil régional J. Auxiettte, et le Medef. Laurence Parisot, membre du Siècle, club le plus fermé de l’oligarchie au pouvoir, participante des réunions du Groupe Bilderberg – un acteur clef de la mondialisation – a exposé son projet intitulé « Besoin d’aire », c’est-à-dire selon elle « besoin d’espace, de nouveaux horizons, de territoires, pas de repli sur soi, participer à la mondialisation pour que nos entreprises gagnent ».

Rappelant qu’en 2007, le Medef avait choisi d’être présent dans la campagne présidentielle en publiant un livre papier intitulé « Besoin d’air » avec 10 propositions pour améliorer la vie des entreprises, la patronne des patrons souligne qu’en 2012, « Besoin d’aire », livre électronique téléchargeable gratuitement, se veut plus ambitieux. « Nous entrepreneurs devions présenter un vrai projet de société » affirme-t-elle. Celui-ci se décline autour de quatre thèmes.

Le premier est de consolider la construction européenne en constituant les Etats-Unis d’Europe. En effet, pour la patronne du Medef, depuis sa création, l’Europe a permis aux pays qui la composent un fort développement. Aujourd’hui, l’Europe est la première puissance économique. Elle continue de mettre en œuvre de grands projets comme celui de Galileo pour la maîtrise des transferts d’information. Pour continuer, il faut préparer l’union politique.

Le second est de réguler le monde car « s’il est évident que rejeter la mondialisation c’est refuser de voir que la terre tourne », il faut des règles communes pour que la compétition soit équitable. A l’occasion du dernier G20 à Cannes, elle a participé à la constitution du B20, B pour business, avec les autres représentants patronaux des 20 pays concernés.

Le troisième est de « réinventer » la France. Il faut lui insuffler l’esprit de conquêtes. La France est riche de « success stories » d’entrepreneurs mais elle est handicapée par son niveau de redistribution qui atteint 54% du PIB. Pour le réduire, il faut organiser, en particulier, le désendettement compétitif en maintenant les leviers de la croissance. De même, la fiscalité des entreprises est la seconde des pays développés derrièrela Suède. Pour la réduire, un nouveau pacte fiscal et social est nécessaire. Ainsi, la diminution des cotisations sociales des salariés pourrait être compensée par une hausse de la CSG, celle des cotisations patronales par une hausse de la TVA.

Le quatrième thème développé par l’organisme patronal est de mettre en œuvre « une ambition humaniste ». Un de ses objectifs est d’assurer l’égalité Homme – Femme d’où la proposition du congé de paternité pour équilibrer la vision des recruteurs sur la disponibilité des jeunes quel que soit leur sexe. Citant Julia Kristeva, L. Parisot veut s’inspirer des pratiques des pays nordiques. Mais surtout elle entend promouvoir « la mixité, la diversité selon le sexe, l’origine, les parcours car on est plus créatif…. lutter contre le racisme, les discriminations.. » pour conclure « qu’ainsi on contribuera à faire avancer la société ».

Laurence Parisot clôturera son intervention par la projection d’un montage tiré à partir du générique du film « L’auberge Espagnole ». Le héros français du film résume ainsi son expérience barcelonnaise : « je suis Français, je suis Danois… c’est le bordel mais je me suis bien marré ». Omettant juste de préciser qu’à l’université de Barcelone les cours sont donnés en langue catalane, démontrant ainsi que la réussite passe aussi par la tradition et l’identité de chaque peuple.

Crédit photo : Medef, licence CC.