Rencontre avec Pierre-Louis Mériguet, porte-parole du mouvement autonome tourangeau Vox Populi

Rencontre avec Pierre-Louis Mériguet, porte-parole du mouvement autonome tourangeau Vox Populi

18/01/2012 – 16h00
TOURS (NOVOpress) - Pierre-Louis Mériguet (photo ci-dessous), porte-parole du mouvement autonome tourangeau Vox Populi, a accepté de répondre aux questions de Novopress. Il revient sur son parcours militant, culturel, la création de Vox Populi et ses actions. Vox Populi organise samedi 28 janvier la marche de la fierté tourangelle.

[question]Pour commencer, Pierre-Louis, pourrais-tu nous expliquer brièvement comment et à quelle époque tu as rallié l’univers politique?[/question]

Pierre-Louis Mériguet

Pierre-Louis Mériguet

Si je suis né et ai vécu jusqu’à mon adolescence en Touraine, c’est dans le Berry que j’ai fait mes premières armes en politique dans la deuxième partie des années 90, fin 97-début 98. Je n’ai alors que quinze ans lorsque je découvre, via un ami, un univers dissident à travers la musique identitaire. Comme beaucoup de gamins de cet âge, je suis rapidement fasciné par l’aspect radical et (il faut l’avouer) souvent utopiste qu’expose ce milieu. Je m’y suis attaché et y ai fait mes premiers pas sans trop de difficultés.

Sachant jouer de la guitare, on me propose rapidement de fonder un groupe de musique contestataire. J’accepte sans hésitation. Les répétitions commencent avec de vieilles reprises Punk/Oi et le groupe sera baptisé “Insurrection”. Ce nom, vous vous en doutez, n’est pas le fruit du hasard, il reflétait alors ce nous étions : une horde d’insoumis qui avait choisi comme principal mode d’expression le militantisme de ses grands frères.

C’est donc pour joindre l’utile à l’agréable que nous avons rejoint cette frange de la jeunesse qui avait décidé de se livrer à un activisme intense et sans concessions.

[question]Certains de vos opposants cherchent à faire ressortir cet activisme passé que vous qualifiez « d’intense ». Cela vous dérange-t-il ? Pouvez-vous nous en toucher deux mots ?[/question]
Premièrement, en politique, je crois aux résultats, pas aux blablas! Ces opposants, comme vous les appelez, peuvent bien me reprocher ce qu’ils veulent. Ce que je constate personnellement, c’est que je vis et travaille depuis 5 ans à Tours. Ici, tout le monde me connaît et sait que je ne suis pas le grand méchant loup décrit par certains. Personne ne m’a jamais refusé une poignée de main, ni fait de remarques désobligeantes sur mon engagement politique au sein de Vox Populi. Il ne faut pas accorder trop d’importance à ceux qui n’en mérite pas.

C’est vrai, la vie m’a accordée des heures agitées (perturbation d’évènements gauchistes, collage, tractage et autres activités se terminant en “-age” finalement assez typiques de cette époque…) qui ont visiblement marqué certains esprits. Vous savez, si l’on n’a pas le sang qui bouillonne à 18 ans, c’est que l’on n’a pas de colonne vertébrale! Je ne suis pas le genre d’homme à faire repentance sur mon militantisme passé. Dire maintenant que je suis fier de tout  serait vous mentir.

Les expériences forment la jeunesse et cette jeunesse, avec tous ses bons et ses mauvais côtés a contribué à ce que je suis devenu aujourd’hui.

J’ai maintenant 29 ans, plus de dix années se sont écoulées, j’ai pris conscience des choix importants à faire et des véritables combats à mener. Je pense  que c’est plutôt cette évolution qui dérange les “extrêmes” de gauche comme de droite qui acceptent difficilement que l’on puisse grandir et tirer des enseignements du passé.

[question]A quand remonte la naissance de Vox Populi? Pourquoi ce mouvement a vu le jour?[/question]
vardon-comite-1571-toursIl y a 5 ans, il n’y avait pas de structure formellement constituée, juste quelques électrons libres se baladant à droite et à gauche sans sérieuse appartenance à un quelconque mouvement. Face à ce constat, il m’a paru utile de fonder un cercle de formation politique, appelé alors COMITE-1571, en référence à la glorieuse victoire de Lépante. Son but était d’offrir aux Tourangeaux, quelle que soit leur chapelle politique, des conférences-débats leur permettant de faire connaissance entre eux et d’échanger sur de divers sujets.

De ces soirées, j’ai tiré plusieurs questions et a fortiori plusieurs conclusions. La première était de savoir, sur les effectifs présents aux rendez-vous du Comité-1571, combien seraient prêts à défendre leurs convictions ouvertement dans la cité ? Beaucoup étaient capables de débattre pendant des heures après les conférences allant même jusqu’à se disputer alors qu’aucun d’entre eux n’avait réussi à s’approprier un morceau de pavé tourangeau pour y défendre ses idées. C’est à ce moment qu’il m’a paru important de rompre avec la logique française qui consiste à apporter une formation intellectuelle censée pousser à l’action militante, mais, au contraire, il me semble que l’action est la meilleure formation qu’un homme puisse connaître et que c’est par l’action que naît la réflexion et le désir, le besoin de se former… C’est pour ces raisons que nous avons fondé avec deux camarades le mouvement tourangeau Vox Populi il y a maintenant 3 ans.

[question]Dans ta réponse, nous avons presque le sentiment qu’une partie de la mouvance nationale se complait dans son éternel fonctionnement et que tu voudrais chambouler ses méthodes?[/question]
Je ne veux chambouler personne, je fais des constats et j’avance en fonction de ceux-ci. Après, “chacun voit midi à sa porte.”

Militer aujourd’hui de la même manière et avec les mêmes outils qu’il y a trente ou quarante ans, faire comme si le contexte politique, économique ou culturel n’avait pas changé, ne pas vouloir découvrir, creuser des idées, des stratégies extérieures, rabâcher les mêmes slogans est à mon avis une démarche obsolète. A chaque époque, comme à chaque âge, il y a une façon différente de s’engager et lorsque l’on commence à nouer un contact régulier avec la population, on se rend bien compte que le vocabulaire et les méthodes d’une partie de la droite radicale sont éloignés de la réalité. Les grandes envolées, derrière lesquelles beaucoup se cachent, nous éloignent plus de la population qu’elles ne nous en rapprochent. Elles nourrissent un mythe qu’ingurgitent beaucoup de jeunes pour qui l’engagement ne sera qu’une crise d’adolescence. Il faut du rêve pour vivre certes, mais il ne suffit pas pour construire une alternative solide !

Vouloir reproduire ces codes sans rien y changer en 2012 est, à mon goût, totalement absurde (se contenter de reprises, sans jamais composer !). La seule façon de faire renaître et de diffuser une musique, ou une mode passée, est de l’adapter à notre époque. En mêlant identité ancestrale et musique contemporaine, les Dropkick Murphys ont fait un travail formidable. Néanmoins, j’ajouterai pour ceux qui chercheraient à chipoter, que, ne possédant disposant pas (à ma connaissance) les moyens de nos adversaires, nous devons militer avec toutes les armes légales qui sont en notre possession. Il va de soi que nous n’allons pas arrêter de tracter sous prétexte que d’autres le faisaient avant, mais nous retravaillerons ces tracts pour qu’aujourd’hui ils donnent envie d’être lus!

Pour terminer, les groupes se complaisant dans la nostalgie n’ont, à mes yeux, aucun avenir constructif. Si le passé doit nous aider à construire l’avenir, j’ai tout de même hâte que l’usure, le droit au logement ou l’auto-défense fassent désormais plus partie du débat que le choix entre la Famille d’Orléans et Louis XX…

[question]Pour toi, les conférences et la formation intellectuelle n’ont pas l’air d’être les outils prioritaires qui politiseront vos militants ?[/question]
Si j’ai fondé un cercle de réflexion, si nos militants sont régulièrement conseillés sur des livres à lire, c’est bien que je ne néglige absolument pas la formation idéologique; maintenant le but est que celle-ci soit diffusée et surtout comprise. J’ai la certitude que ce n’est pas dans des salles de conférence qu’elle peut avoir la meilleure portée. Je m’explique : lorsque l’on crée un mouvement, des personnes d’horizons divers avec des capacités intellectuelles et physiques différentes le rejoignent. Elles se raccrochent à lui pour plusieurs raisons. Certains sont présents par convictions profondes, d’autres pour suivre les ami(e)s, rejoindre un clan. Vous vous retrouvez donc avec des caractères parfois diamétralement opposés et le rôle du responsable est de pouvoir, de savoir les gérer. Les activités débutent et un regard attentif se pose sur les têtes présentes.

Rapidement, on se rend compte que certains ont un réel désir d’apprendre et se «différencient» des autres. Ils posent plus de questions, suivent l’actualité, demandent conseil sur tel sujet, sont interpellés par tels débats. Bref, ils ont soif de savoir et le manifestent. Ce sont ces personnes que l’action a poussées à la réflexion rapidement. Ce noyau de militants demandeurs est celui auquel il faut apporter une formation politique. C’est lui qui, ultérieurement, diffusera à ses camarades une instruction lors de basiques discutions de comptoir ou durant des activités de type collage ou boîtage.

L’autre partie du groupe se compose de membres qui n’ont pas ressenti (pour le moment) le besoin de lire ou de s’instruire par des conférences. Soit parce qu’ils ont pleinement confiance dans le mouvement soit parce que l’activisme les rassasie suffisamment et que la simple lecture d’un tract les persuade qu’ils ont choisi le bon coté de la tranchée.

Dans les deux cas, pour chacun à son rythme, viendra le temps de la découverte.

[question]Donc, si l’on résume, la formation intellectuelle se véhicule différemment suivant les personnalités qui composent un mouvement…[/question]

affiche-marche-fierte-tourangelleLe plus important, ce n’est pas d’enfermer 70 personnes dans une salle pour leur donner un cours mais de s’assurer qu’au final, tous auront compris le message et sachent en tirer une conclusion…On n’apprend pas à jouer au tennis en restant assis dans son fauteuil, il faut aussi de la pratique !

Contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, les hommes ne sont pas des clones et leurs sens ne réagissent pas aux mêmes choses. C’est le premier paramètre à prendre en compte en compte si on veut avancer et éviter les dépenses d’énergie inutiles.

L’important est que le militant puisse, par la suite, mettre ses dons au service de ses idées. Je me répète, mais, vouloir former tout le monde de la même manière me semble être une bêtise. C’est en permettant à chacun d’utiliser ses talents, que l’on renverse le conformisme installé et non pas en essayant de faire revivre de vieux souvenirs réacs.

[question]Mais dans ce cas, quelle est votre doctrine à Vox Populi ? A qui vous référez-vous ?[/question]
J’ai vu trop de personnes se camoufler derrière le mot “DOCTRINE” afin de mieux justifier une inactivité militante, une complaisance dans le folklore ou simplement le refus d’accepter une réalité politique. J’ai personnellement une vision du monde qui se réfère à différents courants d’idées, empruntant même à plusieurs écoles de pensée, tout en restant guidé par un idéal profondément ancré dans la tradition européenne dont la foi catholique est l’un des piliers .

Il y a toujours des références bonnes à prendre chez tel ou tel auteur, des expériences à prendre en compte, des idées à adopter, des sciences à étudier. Chez nous, certains ont été séduit par l’insolence de Céline, d’autres par l’intellectualisme expérimental d’un Jünger, pour d’autres ce sera  la logique honnête de Weil ou encore la sincérité et l’héroïsme d’un José-Antonio ou la plume d’un Bernanos, mais est-ce un sacrilège en politique d’apprécier ne serait-ce qu’une partie de la vision du monde ou des idées qu’ont développées ces personnes ? L’important, je crois, c’est de trouver des éléments, des pistes utiles à explorer et à mettre au goût du jour ainsi que des blocs intemporels qu’on ne peut modifier !

Nous pourrions passer des heures sur ce sujet donc, pour synthétiser au maximum, je dirais que GRAMSCI n’est pas incompatible avec MAURRAS mais qu’au contraire, ils se complètent.

Le temps passe et les contextes politiques et sociaux évoluent. La politique,me semble-t-il, est aussi une véritable question de générations. Ma génération veut avancer, elle a le souhait de ne plus reculer, ne veut plus perdre son temps dans des guerres fratricides, donc  je dirais que notre doctrine s’écrit chaque jour, communiqué après communiqué, action après action, victoire après victoire. Notre mode de vie et notre dévouement sont déjà une doctrine. L’unité autour de la force morale et de la justice sociale, ayant comme intérêt principal le bien commun, est notre force.

Je défendrais ma position en concluant par deux citations d’univers différents. La première d’Aristote, la seconde du groupe Fraction (deux époques et univers bien différents qui pourtant se rejoignent sur un point: l’action pour le bien du plus grand nombre) :

“La politique a pour fin, non pas la connaissance, mais l’action.”
“Les actes valent mieux qu’un long discours”

[question]Qui compose Vox Populi ? Comment vous définissez-vous ? Finalement qui êtes-vous ?[/question]
C’est tout d’abord dans une perspective d’ouverture et d’efficacité que Vox Populi s’est fondée. Notre association réfute fermement le principe du groupuscule qui n’aurait aucun désir profond de changement ne trouvant son bonheur que dans l’illégalité et relevant plus de la société du spectacle que d’un engagement au service des autres. Ce n’est donc pas chez les parias que vous pourrez nous trouver. Chez nous, pas de mitraillettes, pas de visages cagoulés, pas de logos totalitaires ni de repli sur soi. Tous nos militants se promènent librement, fréquentent des horizons variés, mais en gardant une idée commune: celle d’affirmer naturellement une appartenance politique sans se complexer, avec l’envie de faire comprendre ce qui les anime. C’est par une rupture avec d’anciennes tendances du “milieu” dans lesquelles nous ne nous retrouvions pas ou plus, que des classes sociales parfois opposées ont pu faire un premier pas ensemble, puis se côtoyer sous notre bannière en prônant la défense de l’identité tourangelle. Le poète, le sportif, l’économiste, l’écrivain, le peintre, chacun est un véritable vecteur de propagation que nous ne négligeons pas, au contraire.

De plus, l’ éclectisme vestimentaire de nos militants fait que, lorsque nous passons sur une vidéo ou tout simplement dans nos rues, nous dégageons quelques chose qui interpelle et séduit. C’est la représentation VRAIE de l’unité populaire face aux ravages de l’individualisme.

La majorité de nos militants se situe entre 17 et 35 ans. Beaucoup d’entre eux connaissent chez nous leur première expérience politique, ce qui marque un profond changement avec mon époque où un grand nombre de personnes faisait leurs premiers pas au Front National. Aujourd’hui, la majorité des machines politiques sont des coquilles vides, sans section locale implantée, sans citoyens dévoués. Les militants déçus se rallient alors à Vox Populi. Le fait de les rassembler avec de nouveaux volontaires nous donne une force politique inévitable sur le terrain.

[question]Alors, comment définis-tu ton mouvement ?[/question]
Pour ce qui est de décrire mon mouvement maintenant ,je pense qu’ il faut le faire par l’intermédiaire de mots ou d’adjectifs qui le définissent exactement dans son essence, sa particularité.

Vox Populi est un mouvement local, social, autonome et enraciné.

Local:
Si les principales organisations politiques ont pour souhait de s’étendre dans l’hexagone, nous, au contraire, cherchons à rayonner en continuant à prendre racine sur la terre tourangelle afin de connaître de mieux en mieux notre localité pour cibler toujours plus notre travail. La meilleure des politiques se fait avec des personnes que l’on côtoie chaque jours, avec qui l’on discute et qui peuvent comprendre nos idées car elles partagent nos inquiétudes, nos fiertés, bref, notre identité. Lorsque l’on est connu, on est plus crédible que les jacobins qui ne descendent qu’en périodes d’élections et qui se moquent bien de la population locale, étant donné que ce qui compte pour eux, ce sont les voix, toujours les voix, uniquement les voix ! L’opportunisme n’est pas un critère fiable pour nous !

Social:
C’est loin des réseaux sociaux d’internet et de l’univers virtuel que nous puisons notre authenticité. Le retour au concret, effectué par des actions régulières sur le terrain, nous a permis petit à petit de tisser un lien avec la population. Pour nous, il est important que, malgré certains désaccords potentiels, elle puisse voir sans intermédiaires déformant, que nous sommes des personnes intègres.
Que ce soit lors de commémorations ou en distribuant de la nourriture aux personnes dans le besoin, Vox Populi a toujours cherché à porter du réconfort et un soutien humain. Nous ne voulons pas laisser l’individualisme tuer la solidarité, ne serait-ce que par un bonjour ou une discussion avec les gens du quartier. Toutes ces « délicatesses » contribuent à nous faire apprécier de la population et à montrer qui nous sommes. Encore une fois, le fait de ne pas s’éparpiller géographiquement pour se consacrer pleinement à la Touraine participe à cette réussite et à cette bonne aura.

Enraciné:
Parce qu’”un homme qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va! ” Les cultures standardisées des multinationales transforment les hommes en clones, nivellent leurs différences qui sont leurs véritables richesses. Une fois que ceux-ci sont littéralement soumis au monde moderne, à la consommation, leur âme ne vibre plus, leur corps ne ressent plus qu’au travers de gadgets inutiles et de l’assouvissement de plaisirs faciles.
Pour nous patriotes, une basilique, un saint, un poète, une culture musicale ou culinaire, spécifiques de la province sont autant de richesses qui ne doivent pas être remplacées par des magazines people, des fast-food ou des nouvelles stars vendues par les grandes chaînes américaines. C’est bien pour garder l’héritage laissé par nos ancêtres et résister au raz-de-marée global que Vox Populi défend et fait la promotion de l’identité locale. C’est parce que nous respectons les différences que nous tenons à garder la nôtre.

Autonome: 
Beaucoup se sentent trahis par les grands politiciens, les gros partis. C’est donc indépendamment de ces organes centralisés que nous puisons notre particularité. Nous avons décidé d’être maîtres de nos paroles ainsi que de nos actes en toute liberté, sans avoir à répondre à quelconque instance qui connaîtrait trop peu la localité pour prétendre y dresser des marches à suivre !

[question]Vox Populi a déjà été qualifié de raciste et de xénophobe. Comment réagis-tu face à ces calomnies ?[/question]
o-racisme-100-identiteMon premier combat est un combat d’amour ! Amour de mon peuple, de mon identité, de ma Patrie. Loin de moi ce désir d’encenser un vieux racisme primaire, ni même d’y participer. Au contraire, je suis admiratif de tous ceux qui luttent pour préserver ce qui fait leur particularité que ce soit en Birmanie ou au Kosovo. Si l’un des principaux slogans de Vox Populi est : “100% identité – 0% racisme”, ce n’est pas un hasard.

[question]>Depuis le debut de l’année, vous multipliez les actions (732, Marché de Noël, conférence, RESF…) Mais celle qui a participé à vous faire sortir du bois (après la Femme-Loire) a été votre manifestation anti- Gay Pride dont vous êtes l’initiateur en France. Pouvez-vous nous en parler?[/question]
Je crois que la réussite de nos actions réside dans le fait qu’elles ont presque toujours un rapport avec l’actualité, que ce soit pour 732, retiré des manuels d’histoire, dans les marchés solidaires en ces temps difficiles ou dans d’autres initiatives. Cette réactivité fait que les tourangeaux prêtent un œil attentif à Vox Populi.

Notre positionnement face à la Gay Pride fait partie des problématiques actuelles . L’homosexualité existe, certes, depuis des siècles, mais jusqu’à il y a quelques temps, les homosexuels ne faisaient pas l’apologie de leur orientation et ne cherchaient à convaincre personne d’approuver leur mode de vie. Le but d’un mouvement politique est de veiller à l’intérêt de la majorité, pas de s’en prendre à la vie privée d’une minorité (moins de 6% de la population).

Notre priorité, cette année, était donc de faire comprendre clairement le but de notre démarche. Comme vous le savez, loin de nous l’idée de juger l’homosexuel en tant qu’individu. Cette campagne voulait combattre le militantisme sous-jacent dégagé par des groupes de pressions voulant faire voter des lois que nous jugeons nuisibles à l’équilibre d’une société. Je dois reconnaître que ce message a été correctement relayé par la presse et, je l’espère, a été compris de tous. Un grand soutien par mail nous a été apporté lorsque que nous avons publiquement pris position sur ce sujet. Un responsable de la Lesbian and Gay Pride région centre a même dit, face aux caméras, qu’il n’était pas contre le fait que nous nous opposions à la GAY PRIDE. Une fois la caricature effacée, le reste des activités s’est déroulé en toute transparence comme à chaque fois et, c’est vrai, ça été une véritable réussite.

Cette victoire sur le terrain et dans les médias ainsi que sa propagation dans l’Hexagone est pour nous le symbole d’une victoire politique qui reflète l’intérêt de notre existence et l’utilité de nos actions !

[question]Ton mouvement a-t-il des relations avec des membres du Bloc Identitaire ?[/question]
Bien que n’étant pas rallié au Bl par une volonté d’autonomie, je connais personnellement pas mal de militants dont certains cadres. Je suis régulièrement en contact avec Philippe Vardon qui est un ami de longue date. Le responsable niçois n’est pas (à mes yeux) le reflet du bloc identitaire décrit par les médias nationaux, mais représente bien une spécificité locale.

Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est de voir concrètement comment ce mouvement a connu, au bout de quelques années seulement, cet essor à Nice. L’histoire de la ville peut expliquer en partie sa réussite, mais la stratégie plutôt atypique qui est employée par Nissa Rebela semble très intéressante et porteuse de fruits concrets. Malgré quelques divergences idéologiques, Nissa Rebela est un phénomène que nul responsable politique ne peut se permettre de négliger.

[question]Que manque-t-il à Vox Populi pour continuer sur sa lancée ?[/question]
Comme vous le savez, Vox Populi est un mouvement qui n’est pas subventionné. Des projets sérieux portés par des militants dévoués restent dans nos cartons faute de moyens pour aboutir. C’est parfois un peu long pour certains jeunes puisque qu’à leur âge, on rêve de grands soirs (et surtout on croit que le grand soir est tous les soirs !). Quand on commence à avoir un peu plus d’expérience, on sait que la politique est un travail de longue haleine et qu’il ne faut pas sauter les étapes, mais au contraire, qu’il faut se servir du temps pour bétonner ses projets.

Néanmoins, les finances restent un frein majeur à leur réalisation. Depuis quelques jours, vous pouvez trouver sur notre site une rubrique « dons ». Sachez que Vox Populi c’est avant tout vous, alors n’hésitez pas à donner. Je sais que nombre d’entre vous, faute de temps, ne peuvent participer à nos activités mais sachez que verser 10, 20, 30, euros à VP est un acte militant qui aide à son bon fonctionnement. Alors, supportez-nous ! Faîtes un don !

[question]Mot de la fin ?[/question]
Je tiens à saluer tous les militants qui participent à cette aventure. Ils ont su, par leur tenue lors de nos manifestations ainsi que par leur présence de chaque instant, prouver leur sérieux. Je tenais à leur adresser mes remerciements dans cette interview.  ”L’avenir appartient à celui qui le mérite”, disait Ronsard, je pense que nous en avons mérité une partie.

Merci également à Novopress, qui m’a accordé cet entretien.

Pour les autres : Rendez-vous à la victoire !