Thibault du Réau : « Ma jeunesse impressionne. Elle est un atout considérable »

Thibault du Réau : « Ma jeunesse impressionne. Elle est un atout considérable »

S’engager concrètement pour sa ville natale n’est par toujours chose aisée, surtout lorsqu’il faut parvenir à concilier cet engagement avec une vie professionnelle bien remplie. C’est pourtant le choix qu’a fait Thibault du Réau, qui défendra les couleurs du Front National à Libourne en mars prochain. Thibault a accepté de répondre aux questions de Novopress. Pas de langue de bois, ni d’un côté, ni de l’autre !

Image Hosted by ImageShack.usNovopress : En deux mots, pour les lecteurs de Novopress, pouvez-vous vous présenter ?

Thibault du Réau : Pour faire simple, j’ai 29 ans je travaille dans une société d’avocats spécialisée en droit des affaires. Je suis passionné par la lecture, notamment les biographies mais également les romans historiques.

Novopress : Libourne, pour vous, c’est quoi ?

Thibault du Réau : Libourne c’est ma ville et le libournais mon pays. C’est la bastide de mon enfance à laquelle je suis profondément attachée. Mais au-delà de cette affection sentimentale pour la ville qui m’a vu naître, je dirai que Libourne c’est un patrimoine riche, un symbole important pour la viticulture bref, Libourne c’est un peu la sœur jumelle de Bordeaux et c’est de cela que je veux faire prendre conscience aux libournais afin qu’elle retrouve toute sa place au sein du département et de la région.

Novopress : Vous avez été le directeur de campagne d’Anne-Christine Royal* aux élections législatives. Qu’en avez-vous retiré ?

Thibault du Réau : Ce fut à la fois une très bonne expérience humaine et politique. Humaine, parce que Madame Anne-Christine Royal est un personnage atypique. C’est une femme qui possède une foi extraordinaire tant dans sa vie privée que dans ses actions politiques. Sa proximité avec le peuple est exemplaire. Je pense pouvoir dire sans exagérer qu’elle m’a transmis ce qu’il y a de plus important pour elle, et désormais pour moi, une éthique politique. Politique, car mener une campagne législative n’est pas chose aisée. Vous n’avez que trois semaines pour faire connaître votre candidat aux électeurs. Nous n’avons pour cela, pas lésiné sur les moyens. Tee-shirt à l’effigie d’Anne-Christine, débats publics, émissions radios et enchaînement dans les vignes (très bien relayé par la presse) : tout ceci nous a permis de dépasser les 5%, ce qui finalement n’est pas si mal. Ce fut d’autant plus éprouvant que la dixième circonscription en Gironde est très étalée.

Novopress : Passons aux élections, maintenant. Un jeune candidat FN : question de com’ pour un parti qui paraît vieillissant, ou mouvement de fond ?

Thibault du Réau : Les deux mon capitaine ! C’est une évidence, ma jeunesse impressionne. Elle est un atout considérable. Tous les libournais que je rencontre sont ravis de voir qu’un jeune candidat se présente sur leur ville. Je crois être à ce sujet le plus jeune tête de liste en Gironde. Sans être un véritablement mouvement de fond, on voit apparaître un certain nombre de jeunes qui s’investissent au sein du Front National ou à sa périphérie. C’est un signe qui prouve que la droite nationale, et plus précisément le Front National, ne sont pas morts, loin de là.

Novopress : L’Union patriotique, beaucoup en parlent, peu la font, certains la sabotent. Seriez-vous prêt, dans le cadre d’élections futures, à accueillir sur une liste d’union des militants issus d’autres mouvements que le FN (Identitaires, MNR, régionalistes) et à vous engager sur un programme commun qui ne soit pas exclusivement celui de votre parti ?


Thibault du Réau
: La finalité d’une élection est d’être élu. En fonction de votre idéal ou de vos principes, vous choisissez un moyen pour arriver à cette fin c’est-à-dire un parti politique d’une part, et une stratégie, d’autre part. A ce jour, il est évident que le Front National reste le meilleur moyen pour être élu sur la base de nos convictions. Toute tentative d’affaiblissement de ce dernier est d’une absurdité sans nom. Ceci étant posé, je crois profondément à la synergie de l’union destinée à redonner la flamme et l’espoir aux électeurs et mieux encore à en récupérer. Toutefois, cette union ne doit pas se faire au détriment du Front National, sans quoi l’électeur serait vite perdu et vous perdriez votre base électorale nécessaire à un premier tour. En ce qui concerne la question du programme commun, je crois qu’au niveau local il est tout à fait possible de s’entendre.

Novopress : Vous accueillez sur votre liste Stéphane PERALES, membre d’Egalité et Réconciliation, l’association d’Alain Soral. Que pensez-vous de ces « Français de branche » avec lesquels il faudrait se « réconcilier » ?

Thibault du Réau : Si vous considérez Stéphane PERALES et Alain SORAL comme des « Français de branche », on n’est pas sorti de l’auberge ! Je crois qu’il faut une bonne dose d’humilité et un minimum de conscience patriotique pour arriver là où ils en sont aujourd’hui. Je pense un peu à cette phrase de l’évangile qui dit que Dieu préfère les pêcheurs convertis aux grenouilles de bénitiers (pardon pour la paraphrase). Ils ne sont pas tout à fait en phase avec nos convictions ? Et alors ? Ils peuvent être les précurseurs d’un mouvement de fonds du monde ouvrier vers le Front National. Ils peuvent surtout évoluer. Et notre devoir est de les accueillir et d’engager avec eux un débat sain et serein. Ce que j’ai commencé à faire avec Stéphane PERALES à Libourne.

En ce qui concerne les Français de branche, je crois qu’il faut être réaliste. Les chiffres sont là. Si l’on veut jouer le jeu de la démocratie, il va falloir composer avec eux. Il y a des Français de branche qui sont sincères et qui aiment la France par dessus tout et qui la servent chaque jour. Il est cependant capital de ne pas renier nos principes ni de ramollir notre discours. Nous sommes contre l’immigration et pour l’expulsion de tous ceux qui haïssent la France. Il faut donc, sur le terrain, savoir différencier ceux qui veulent travailler avec nous, de ceux qu’il va falloir foutre dehors.

Novopress : Pour rester dans le domaine des choses qui, bizarrement, fâchent, comment concevez-vous l’articulation Régions-Nation-Europe ?

Thibault du Réau : Le combat régionaliste mené par les Identitaires est exemplaire. Il permet à chacun d’entre nous de renouer avec la terre de ses Pères, de prendre conscience de son identité et de ses racines. Toutefois, un régionalisme poussé à l’extrême peut conduire à l’éclatement de l’Etat dans lequel s’inscrivent ces régions. Sauf si bien sûr vous êtes en présence d’un Etat fort ce qui n’est pas le cas aujourd’hui dans notre démocratie. MAURRAS l’avait bien compris. Ardent défenseur de sa Provence natale, il ne concevait l’autonomie des Régions que dans une Monarchie. C’est tout l’enjeu des régions instituées par l’Europe. Le seul but de cette promotion régionaliste étant d’affaiblir l’Etat français. Il y a donc un juste milieu à trouver entre une prise de conscience destinée à réveiller la mémoire endormie des français et le danger d’un affaiblissement de l’Etat français par un combat autonomiste avancé.

Pour ce qui est de l’Europe, je suis partagé. Demandez aujourd’hui à n’importe quel citoyen s’il se sent européen, il vous répondra certainement que non. L’Europe n’est pas la préoccupation première des français. Pour autant, l’histoire prouve qu’il peut y avoir une véritable conscience européenne en cas de danger grave. Je pense par exemple à la coalition menée par Jean SOBIESKI contre les Ottomans et qui s’est soldée par une écrasante victoire, en 1683, sauvant l’Europe de l’invasion de la Sublime Porte. Aujourd’hui, il y a une certaine prise de conscience du danger de l’Islam pour l’Europe. Celle-ci entraîne l’activation de réseaux ou d’entraides qui permettent à plus ou moins grande échelle de résister à l’envahisseur. C’est le cas de Solidarité Kosovo par exemple. Ce qui est sûr, c’est que l’Europe est de race blanche et de racine chrétienne et n’a rien à voir avec la technocratie et la bureaucratie de Bruxelles !

Novopress : Les expériences de communes dirigées par le Front ne se sont pas toujours révélées très concluantes et ont fait long feu. De surcroît, le discours de Front National est essentiellement axé sur la politique nationale, et assez peu sur la politique locale. Que peut apporter le FN à la ville de Libourne ?

Thibault du Réau : Le Front National doit être un label. Celui de l’honnêteté. Du bon sens. De la proximité avec le peuple. Partant de là vous voyez que tout le reste en découle. Cela suppose une gestion saine des finances locales afin que les ménages modestes ne souffrent pas d’une imposition écrasante sur leurs revenus. Cela suppose également d’assurer la sécurité dans tous les quartiers afin que la première des libertés, celle de circuler librement, soit respectée. Enfin, certains axes de la politique nationale peuvent facilement être retranscrits au niveau local. C’est le cas par exemple de l’immigration. En effet, ce n’est une surprise pour personne, logements sociaux riment trop souvent avec immigrés ou étrangers. La réduction d’étrangers dans une ville comme Libourne passe donc par une réduction des logements sociaux jusqu’au seuil des 20% fixé par la loi SRU.

Novopress : Parlons-en des logements sociaux, justement. De plus en plus souvent l’augmentation du prix au m2 fait que le cœur des villes se « boboïse » et qu’un nombre sans cesse croissant de jeunes couples « de souche » sont contraints d’émigrer en banlieues occupées. Que proposez-vous pour lutter contre ce fléau en évitant l’écueil des pompes aspirantes pour « Français de branche » ?

Thibault du Réau : Chaque mairie possède un Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) présidé par le Maire et composé paritairement d’élus et de personnes qualifiées dans le secteur social. Le CCAS assure différentes missions directement orientées vers la population : aide et accompagnement aux personnes âgées ou handicapées, aux enfants et familles en difficulté, lutte contre les exclusions,… Il participe surtout à l’instruction des demandes d’aide sociale et les transmet aux autorités ayant le pouvoir de décision (conseil général, préfecture, sécurité sociale,…). Donnez-moi la présidence d’un CCAS et vous verrez que la physionomie de la ville va vite changer.

Novopress : Question connexe, le projet de Mutuo sociale, développé par nos camarades identitaires romains et ayant pour objet l’accession à la propriété des familles italiennes grâce à la création d’offices régionaux accordant des crédits à taux zéro, peut-il être adapté en France à l’échelon communal ?

Thibault du Réau : Le prêt à taux zéro existe déjà chez nous au niveau étatique. Le CCAS peut également aider certains familles à obtenir un prêt à taux zéro. Je crois qu’en France le système fonctionne. Le problème, c’est la discrimination positive qui existe quant à l’obtention de ces prêts…

Novopress : Tous les enfants savent que le Père Noël vit à Libourne depuis les années 60. Qu’y a-t-il dans votre hotte pour les Libournais ? En d’autres termes, Thibault du Réau est-il un Père Noël ou un Père Fouettard ?

Thibault du Réau : Tout le challenge est là. Prouver aux Libournais qu’un candidat du Front National n’est pas un Père Fouettard mais bien un Père Noël. C’est la raison pour laquelle le programme doit être particulièrement peaufiné, adapté aux considérations de la ville. Notre programme sera axé sur une redynamisation du cœur de la ville, tant par le biais de la restauration d’immeubles anciens par des investisseurs privés avec effet de levier fiscal, que par l’utilisation du droit de préemption de la commune. Cela pourra se faire également par un réaménagement urbain, notamment des quais. Libourne est une ville fluviale et doit en profiter ! Bien sûr, le thème de la sécurité sera également très présent, le visage de Libourne et la tranquillité de ses quartiers ayant bien changé depuis quelques années.

Novopress : Comment définirez-vous votre rôle en tant que conseiller municipal ?

Thibault du Réau : Le rôle d’un conseiller municipal est double. Il doit agir au sein du conseil par des propositions concrètes, l’étude de tous les dossiers et une présence régulière. Mais il doit également agir à l’extérieur. Il est très important, me semble-t-il, de communiquer et d’informer les Libournais par le biais de tracts ou d’un petit journal afin de dénoncer, proposer et encourager. Avec toujours à l’esprit cette idée que nous sommes là pour servir les habitants de Libourne et que face à cela notre personne et notre parti doivent s’effacer.

Novopress : Noël Mamère, quoi que l’on pense de lui, est un excellent militant politique. Il a par exemple utilisé sa fonction de maire de Bègles pour instaurer le pseudo mariage homosexuel, mesure qu’il savait être illégale et qui allait par conséquent être annulée. Pourtant, ce coup d’éclat médiatique lui a permis de placer le « mariage homosexuel » au cœur du débat et a obligé chacun à se positionner, ce qui était le but recherché. En cela Noël Mamère a parfaitement rempli son rôle d’agitateur idéologique. Vous-même, si un jour vous êtes en position de le faire, seriez-vous prêt à adopter des mesures illégales mais justes et bénéficiant du soutien de la population (sur la préférence nationale par exemple) afin de provoquer un électrochoc médiatique ?

Thibault du Réau : Je crois qu’il faut être très prudent et réaliste. Lorsque vous êtes Maire Front National, vous avez contre vous la Région, le Département et tout ce qui va avec… Mon rôle en tant que Maire ne consistera pas à sortir des clous pour provoquer un électrochoc médiatique. Il s’agira au contraire de prouver aux habitants que, de façon modeste, on peut arriver à améliorer leur qualité de vie. Une fois cela reconnu, pourquoi pas ?

Novopress : On parle beaucoup d’un meeting public, chose plutôt rare dans une ville de campagne. Pouvez-vous nous en dire davantage ? Quel est votre agenda politique pour les prochaines semaines ?

Thibault du Réau : Nous avons en effet prévu un meeting le 3 mars prochain. J’espère pouvoir réunir près de 300 personnes ! Le pari est osé mais le jeu en vaut la chandelle. Il permet de rassembler autour des cadres départementaux et du candidat, les militants, de faire venir des amis et surtout de raviver la flamme des électeurs abattus par la défaite des législatives. Mon agenda politique est quant à lui chargé ! Je passe mes week-ends à faire du porte à porte. Le dimanche, je suis sur le marché. En semaine, je rencontre les libournais avec qui mes assistantes ont pris rendez-vous. Bref, il n’y a pas de quoi s’ennuyer pendant encore deux mois.

Novopress : Quels sont vos objectifs en termes de résultats électoraux ? Peut-on souhaiter à un Libournais (et fier de l’être) d’atteindre le « vin pour sang » ?

Thibault du Réau : Il est difficile de vous donner un résultat à l’avance. Mon objectif est simple : être élu ! Ce sera déjà une très belle victoire et ce jour là j’aurai le vin dans le sang (rires).

Novopress : Y’aura-t-il une vie après Libourne ? Avez-vous d’autres ambitions politiques ?
Thibault du Réau
: J’ai la véritable ambition, à plus ou moins terme, de conquérir la ville de Libourne. C’est sur cet objectif que je vais me concentrer dans les prochaines années. Je resterai également à la disposition de mon secrétaire départementale pour l’aider à travailler sur toute la Gironde.

Propos recueillis par Marie Duvell et Denis Parest pour Novopress France

* Anne-Christine Royal : candidate FN dans la 10e circonscription de Gironde aux législatives de 2007 et… cousine de Ségolène Royal !


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